« Sous le signe de la camaraderie », un mariage classico-pop…
« Sous le signe de la camaraderie », un mariage classico-pop…

Publié par Daniel Raymond le Lun. 7 août 2017 à 13h05 - Contenu original
Musique, Centre Pierre-Charbonneau, Concerts populaires de Montréal, Jean-François Breau, Marc Hervieux, Marie-Ève Janvier, Musique classique, Pop

Crédit photos: Michel Pinault

Le jeudi 5 août au Centre Pierre-Charbonneau, la 53e saison des Concerts Populaires de Montréal ­a baissé le rideau sur son dernier spectacle de l’année. De facture classico-pop, il a attiré une foule record de 1 445 personnes, grâce à la rencontre du classique en la personne du ténor Marc Hervieux, et de deux ambassadeurs du populaire, soit le charmant couple formé par Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau.



Crédit photo : Site internet des Concerts Populaires de Montréal



Trois amis se sont donc réunis pour nous offrir une part des plus belles chansons de leurs répertoires respectifs.

C’est initialement l’Orchestre de La Francophonie qui devait accompagner ce dynamique trio. Mais, à cause d’un problème de santé du chef Jean-Philippe Tremblay, c’est plutôt La Sinfonia de Lanaudière, sous la baguette de Stéphane Laforest, qui s’est acquittée de la mission; ce à la demande de Marc Hervieux, à seulement trois semaines d’avis.

Le spectacle a été lancé de façon grandiose par un Marc Hervieux visiblement en grande forme et en voix, qui nous a interprété « Je t’ai donné mon cœur », un extrait de l’opérette Le Pays du Sourire de Franz Lehár.



J’ai relevé une tendance qui gagnerait à être abandonnée, celle de ne pas présenter le titre ni l’auteur d’une chanson qu’on s’apprête à chanter. Il me semble que c’est d’autant plus important que cela se fasse lorsque le programme de la soirée brille par son absence, comme c’était le cas en cette occasion. Comme il ne saurait y avoir de chanson sans compositeur, il conviendrait que mention soit faite de son nom et du titre de l’œuvre, même si beaucoup d’auditeurs la reconnaitront malgré tout d’emblée. Peut-on simplement présumer que tous identifieront aisément l’œuvre ainsi que le compositeur? Tout le long du concert, ce ne sont qu’à de rares exceptions que les créations ont été introduites par un titre : les autres nous ont obligés à un effort de mémoire, pas toujours récompensé d’ailleurs, même si la mélodie sonnait étrangement familière à nos oreilles. J’ose espérer que la tendance soit d’ores et déjà en perte de vitesse.



Marc Hervieux a poursuivi en enchainant « Volare », chanson phare de Domenico Modugno coécrite avec Franco Migliacci en 1958, et « Core n’grato (Catari) », chanson napolitaine composée en 1911, musique de Salvatore Cardillo et paroles de Riccardo Cordiferro.

Jean-François Breau est ensuite élégamment venu nous fredonner « It’s impossible ». Ce tube est sorti en 1968 sous le titre de « Somos Novios », composé par l’auteur mexicain Armando Manzanero, et par la suite popularisé par Perry Como en 1970 dans la version anglaise de Sid Wayne.

Et puis, Marie-Ève Janvier est venue nous charmer avec la plus que fameuse « Besame Mucho », chanson composée dans les années trente par la pianiste mexicaine Consuelo Velázquez d'après un aria d'Enrique Granados.

Ensuite, en duo avec Marc Hervieux, elle nous a offert « Quand les hommes vivront d’amour », le mémorable succès de Raymond Lévesque. La tonalité choisie a parfaitement convenu à Marc mais a exigé de Marie-Eve qu’elle force sa voix et fasse sérieusement appel à sa technique vocale. À la fin de leur numéro, ils se sont mérité une ovation debout toute aussi bruyante que spontanée.

Jean-François Breau a ensuite poursuivi avec la chanson « J’t’aime comme un fou » de Luc Plamondon et Robert Charlebois, sortie en 1983. Je n’en ai pas conservé un souvenir impérissable.

Puis l’orchestre et son 1er violon et soliste, Hélène Marcil, nous ont régalés du tango « Oblivion » composé par Astor Piazzolla en 1974.

Marc Hervieux et Jean-François Breau ont pris le relais avec un bloc de trois chansons extraites de la comédie musicale Notre-Dame de Paris dont le parolier est Luc Plamondon et le compositeur, Richard Cocciante.

En duo, ils ont d’abord chanté une pièce qu’ils n’ont pas jugé bon de préalablement identifier. Ensuite, Jean-François s’est exécuté sans encore identifier sa chanson. Pour terminer ce trio de chansons et du même coup la première partie du spectacle, Marc Hervieux a magistralement interprété « Danse, mon Esmeralda » avec puissance et brio, ce qui lui a instantanément valu une ovation debout.



Après l’entracte, La Sinfonia de Lanaudière, malgré une formation réduite à 16 musiciens, a spectaculairement joué le toujours apprécié « Boléro » de Maurice Ravel.

Marc Hervieux nous est revenu avec « C’est en septembre » de Gilbert Bécaud, et « C’est beau la vie » de Jean Ferrat.

Marie-Ève a poursuivi avec « Si j’étais un homme » de Diane Tell et, en duo avec Jean-François, « On s’est aimé à cause », chanson popularisée par Céline Dion dont les paroles sont de Françoise Dorin et la musique de Marc Dupré et Jean-François Breau. Cette composition ne m’a laissé aucune impression durable mais semble néanmoins avoir été appréciée par une majorité d’auditeurs : la force du nombre faisant loi, je me rends à leur jugement.

Marc Hervieux est revenu seul sur scène pour nous séduire et nous époustoufler avec « Non, je ne regrette rien » et « Quand on a que l’amour ». La première a été composée en 1956. Les paroles sont de Michel Vaucaire et la musique de Charles Dumont, Edith piaf en a fait un « méga succès » dès 1960. Quant à la seconde, elle a été composée elle aussi en 1956 par Jacques Brel. Ces deux petits chefs-d’œuvre ont initialement cartonné à l’époque, dès leur sortie, et encore en cette belle et chaude soirée grâce à la voix de stentor de Marc.

Marc et Marie-Ève ont poursuivi leur objectif de faire une overdose d’applaudissements et d’admiration du public, en unissant leur voix pour passionnément nous livrer un très décent « Con te partirò » reçu avec un enthousiasme débordant par une salle qui jubilait. Grande chanson italienne dont on doit les paroles à Francesco Sartori, la musique à Lucio Quarantotto et l’immense popularité au ténor Andrea Bocelli.



En guise de rappel et donc de cerise sur le sundae, Marc, Jean-François et Marie-Ève ont conjugué leur voix et leur talent pour achever de nous conquérir en chantant « Aimons-nous » d’Yvon Deschamps.

Non seulement nous les avons ardemment aimés, individuellement et collectivement, mais nous avons surtout adoré l’ensemble de la soirée.

Si j’en juge par les cris, les bravos, les sifflements d’approbation et les applaudissements, l’événement a été un véritable triomphe.



Bravo aux Concerts Populaires de Montréal pour leur 53e anniversaire, et souhaitons-leur encore au moins un autre demi-siècle d’existence et de succès. C’est très certainement une institution à conserver et à encourager.