Lotus d’or: l’érotisme chinois mis en danse à la Place des Arts
Lotus d’or: l’érotisme chinois mis en danse à la Place des Arts

Publié par Laure Neria le Lun. 25 septembre 2017 à 16h00 - Contenu sponsorisé
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Le Beijing Dance Theater vous convie pour la première montréalaise de son spectacle de danse Lotus d’Or, qui mettra en vedette les sensationnels artistes d’une des plus grandes compagnies de danse chinoises. Découvrez-en plus sur cet événement qui se déroulera les 1er et 2 octobre au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, à l’occasion d’une importante tournée canadienne.


Un succès retentissant

Adaptation moderne d’un célèbre roman érotique chinois du XVIIe siècle intitulé Jin Ping Mei, le spectacle Lotus d’or a su charmer le monde entier par son dépaysement total, sa sensualité à l’état brut et ses somptueux décors. Depuis sa première mondiale au festival de Hong Kong en 2011, le public accouru d’Allemagne, d’Italie, de Hollande, d’Angleterre, du Danemark et de plus de 20 métropoles, accueille avec enthousiasme cette création hors du commun.

Ce n’est pas sans compter sur le talent de la virtuose chorégraphe Wang Yuanyuan qui mélange ici le ballet et la danse contemporaine, afin de faire vibrer les textes de l’écrivain Lanling Xiaoxiao Sheng… quitte à être censurée dans son pays. Sur le point de tourner dans toute la Chine, et ce malgré son grand succès à Hong Kong, la production Lotus d’or a fait l’objet d’un vif débat dans les médias avant d’être interdite de représentation dans le pays en raison de son contenu controversé. Dans sa chorégraphie, Wang se plaît à célébrer cette œuvre longtemps bannie en Chine, quoique considérée comme le cinquième roman classique de la littérature chinoise. Pour la petite histoire, alors que les interdictions en Chine ont limité la circulation du livre, et ce dès 1687 avec l’empereur de Kangxi, elles ont peu contribué à freiner sa popularité. Des copies ont été téléchargées à partir d’Internet, se sont glissées de Taïwan et de Hong Kong et ont été vendues dans la rue par des éditeurs sans licence. En fait, le frère de l’empereur lui-même a passé des années à traduire l’œuvre dans son Manchu natal.




Une intrigue sexuelle et politique

Théâtre d’une intrigue familiale et d’une débauche qui a fasciné les lecteurs pendant des siècles, l’œuvre sulfureuse vous transporte dans la Chine du XIIe siècle et raconte les mille aventures licencieuses de héros pittoresques, notamment celles du riche marchand Ximen Qing, insatiable et corrompu. Lotus d’or constitue un vestige vivant des mœurs de la société de cette époque. Marchands et femmes se complaisent et se confrontent dans des jeux de dualité, de tension, au travers d’une harmonie insoupçonnée. Le tout est interprété par des danseurs ensorcelants de beauté et de technique. Chaque partie est conçue de façon très chorégraphiée par Tim Yip, gagnant d’un Oscar, et est accompagnée d’une trame musicale riche, composée par les musiciens Du Wei et Chen Qigang – compositeur basé à Paris. Les décors choisis pour la mise en scène se teintent de couleurs flamboyantes, et les danseurs revêtent des costumes presque évanescents, révélant une subtile nudité.




Un spectacle à la beauté intemporelle

À la manière de l’équilibre du yin et du yang, la puissance et la grâce se côtoient dans un univers exotique unique qui renvoie à l’érotisme d’antan, tout en faisant également écho aux problématiques contemporaines. Les personnages féminins, nombreux et forts, luttent pour leur survie, fomentent des stratégies pour gagner en pouvoir et obtenir une voix. Dans ce monde en mouvement, on peut aussi penser au sort actuel de la Chine, pays qui subit les affres d’une croissance économique massive, d’une transformation sociale incalculable et qui voit les impacts d’un consumérisme fou sur ses habitants en proie au manque de spiritualité. « Jin Ping Mei a été écrit pendant la dynastie Ming, dans une société pourrie », a déclaré la chorégraphe lors d’une interview donnée dans son spacieux studio, pour le New York Times. « Mais le phénomène social est le même maintenant. Les gens feraient n’importe quoi pour de l’argent et ils veulent tout rapidement, il n’y a pas de concept moral. Si vous avez de l’argent, vous êtes le numéro 1. »


Disponible pendant deux soirs seulement, les 1er et 2 octobre à 19h30 au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, la première montréalaise du Beijing Dance Theater est à ne pas manquer, se positionnant en spectacle incontournable autant pour les érudits que les esthètes, ou les esprits curieux de découvertes insolites et charnelles. Pour vous procurer vos billets à tarif préférentiel sur atuvu.ca, cliquez ici.