FIL 2017 | L'une et l'autre: spectacle intimiste de Delphine de Vigan et La Grande Sophie
FIL 2017 | L'une et l'autre: spectacle intimiste de Delphine de Vigan et La Grande Sophie

Publié par Luce Langis le Lun. 25 septembre 2017 à 17h40 - Contenu original
Musique, Delphine de Vigan, Festival, Festival International de la Littérature, L'une et l'autre, La Grande Sophie, Littérature, Théâtre Outremont


Le 22 septembre dernier, pour son spectacle d'ouverture de l’édition 2017, le Festival International de la Littérature (FIL) a choisi de présenter, dans la grande salle du Théâtre Outremont, le spectacle très intimiste L'une et l'autre, mettant en scène l'écrivaine Delphine de Vigan et la musicienne La Grande Sophie, toutes deux Françaises.

Ce vendredi dernier, les spectateurs du FIL étaient davantage conviés à une rencontre intimiste entre deux artistes qu'à un véritable spectacle. On avait probablement choisi la grande scène du Théâtre Outremont plutôt que la petite, vu le très grand nombre de personnes intéressées par la représentation. En effet, pour la lancée du Festival de la Littérature, plusieurs abonnés avaient répondu « présents ».

C'est en 2014, en France, que la première rencontre entre l'écrivaine Delphine de Vigan et la musicienne La Grande Sophie eut lieu, dans le cadre du Festival littéraire Tandem de Nevers. Le conseiller artistique de l’événement, Arnaud Cathrine, avait alors demandé à l'écrivaine de monter un spectacle avec une artiste d'un domaine artistique différent. Delphine choisit La Grande Sophie, qu'elle aimait beaucoup et dont elle écoutait souvent les chansons. L'entente fut immédiate, tant sur le plan artistique qu'humain. Au fil de leurs rencontres, elles montèrent donc un spectacle qui se voulait, non pas une simple récitation de textes, pour l'une, et une simple exécution de chansons, pour l'autre, mais bien un amalgame tissé le plus serré possible entre leurs deux univers respectifs.

C'est ainsi que la chanson « Je n'ai rien vu venir », composée par la Grande Sophie, est née à la suite de la lecture du premier roman Jours sans faim de Delphine de Vigan, comme en écho à celui-ci. « Lorsque je l'ai entendue pour la première fois, cette chanson m'a bouleversée », raconte l'écrivaine. « Elle est la preuve que Sophie a compris le livre ». « Nous avions le sentiment de nous comprendre, sans forcément avoir à expliquer », ajoute La Grande Sophie.

Le spectacle ne devait durer qu'une soirée, mais il s'est prolongé et affiné par les soins d'Eric Soyer, metteur en scène et scénographe. Selon les deux jeunes femmes, « Eric nous a aidées à faire sauter des barrières, à créer des ruptures, à imprimer un autre rythme. »

C'est ainsi que, pendant une heure et quart, les spectateurs ont pu assister à une rencontre très simple et intimiste entre les deux artistes, presque sous le sceau de la confidence. Delphine de Vigan, d'une voix douce et apaisante, a lu des passages de ses livres, tandis que La Grande Sophie l'a accompagnée de sa guitare, tout en subtilité. Les extraits qui ont été lus sont tirés des romans de De Vigan dont No et moi (2007), Jours sans faim (2001), D'après une histoire vraie (2015), Un soir de décembre (2005) et Rien ne s'oppose à la nuit (2011). Ces histoires, très touchantes et sonnant juste, ne peuvent avoir émergé que d'une souffrance authentique, celle de la traversée du désert de l'anorexie. La rencontre signifiante et profondément humaine avec le médecin, qui l'a soignée et accompagnée dans cette dure épreuve, lui a permis de refaire surface et de pouvoir témoigner d'une très belle résilience. La Grande Sophie, de son côté, nous a chanté des extraits de ses très nombreux disques, dont « J'arrive au monde », « On savait », « Même pas », « Dans mes châteaux », « Je ne l'attendais pas », « Je n'ai rien vu venir »... pour ne nommer que ceux-là.

De toute évidence, les deux artistes éprouvent un grand plaisir à conjuguer leurs talents sur scène. Comme le dit La Grande Sophie : « C'est une forme de duo aussi inédite qu'excitante pour moi, et sans doute la possibilité d'une nouvelle relation avec le public. Nous sentons bien que cela nous permet à l'une et l'autre de visiter des zones jusqu'ici inexplorées. »

Personnellement, j'ajouterais cependant un petit bémol à propos de ce spectacle, somme toute agréable, mais sans prétention aucune... Le coût du billet ($55) – soit le plus élevé de tous les spectacles du FIL – me semblait quelque peu surévalué...


Le Festival International de la Littérature se poursuit jusqu'au 1er octobre, pour découvrir le reste de la programmation et vous procurer vos places, cliquez ici.