Des Arbres au Théâtre de La Licorne: (pro)création responsable
Des Arbres au Théâtre de La Licorne: (pro)création responsable

Publié par Léa Arthémise le Mar. 26 septembre 2017 à 9h00 - Contenu original
Théâtre, Duncan Macmillan, Maxime Denommée, Sophie Cadieux, Suggestions de sortie, Théâtre de la Licorne, Théâtre de la Manufacture

Crédit photos: Suzane O'Neill

Un couple de trentenaires patiente dans la file d’un IKEA, lorsque, sans crier gare, l’homme avance l’idée d’avoir un enfant. Telle est la scène d’introduction de Des arbres (Lungs), la pièce de Duncan Macmillan créée à Londres en 2011. Auréolée de critiques dithyrambiques, Des arbres affichait complet toute la saison dernière. Elle est présentement reprise sur la scène de La Petite Licorne, du 25 septembre au 20 octobre.


Sur une scène dépouillée, Sophie Cadieux et Maxime Denommée incarnent les deux moitiés d’un couple. Ils sont jeunes, passablement éduqués, et foncièrement conscients des dysfonctionnements de la planète. Pourtant, dans la file d’un IKEA, il lui annonce sa volonté d’avoir un enfant. L’expression, anodine pour l’homme, revêt une dimension dramatique pour la femme qui ne conçoit guère d’élever un enfant dans le monde actuel. En ces temps d’incertitudes, est-ce vraiment une bonne idée de mettre quelqu’un au monde ? Rapidement, l’impossible dialogue se met en place... Finalement, que risquent-ils de détruire en premier: la planète, ou leur relation de couple ?


La décision est discutée, soupesée et argumentée à l’échelle du couple et celle, macroscopique, de la Terre. Faire un enfant, dit-elle, c’est « engager quelqu’un dans quelque chose pour toujours », mais surtout un désastre écologique annoncé puisque « l'empreinte écologique d'un nouvel humain sur la planète représente 10 000 tonnes de CO2, l'équivalent d'un aller-retour Paris-New York chaque jour, durant sept ans ! »





Au travers de la logorrhée féminine, on décortique le processus de procréation, un écosystème entier renvoyé à sa dimension mécanique et à son empreinte écologique. L’homme agit comme contrepoids, subissant les assauts des questionnements, les sursauts de joie et les moments de détresse. Le temps, linéaire, s’égrène au fil des dialogues où l’on voit le couple s’aimer follement et se déchirer passionnément. Le verbe dense et le débit névrotique confèrent aux personnages une dimension profondément humaine, servie par la poésie du texte traduit par Benjamin Pradet.


Avec Des arbres, Duncan Macmillan offre une juste incursion dans une relation amoureuse doublée d’un beau manifeste contre la vie en pilote automatique.


La pièce est présentée du 25 septembre au 20 octobre à La Petite Licorne. Elle sera ensuite jouée au Théâtre du Périscope à Québec du 31 octobre au 11 novembre. Maxime Denommée et la comédienne Eveline Gélinas – qui reprendra le rôle de la jeune femme – partiront en tournée à travers tout le Québec en janvier 2018.


Production La Manufacture
Texte Duncan Macmillan
Traduction Benjamin Pradet
Mise en scène Benoît Vermeulen
Avec Maxime Denommée et Sophie Cadieux à La Licorne et au Théâtre Périscope
Avec Maxime Denommée et Eveline Gélinas en tournée
Assistance à la mise en scène Ariane Lamarre Lumières André Rioux Musique Guido Del Fabbro Direction artistique du spectacle Jean-Denis Leduc