Caroline Planté, compositrice et guitariste de flamenco | Découvrez un parcours unique et inspirant!
Caroline Planté, compositrice et guitariste de flamenco | Découvrez un parcours unique et inspirant!

Publié par Mathilde Recly le Lun. 23 octobre 2017 à 17h00 - Contenu original
Musique, Caroline Planté, Guitare flamenca, Jorane, Le train des 57 cordes, Nouvelles, Phil Pelletier, Prix Accès Culture

Crédit photos: Dominique Soulard

Au mois de février dernier, lors de la soirée des prix RIDEAU 2017, Caroline Planté a décroché la récompense Accès Culture 2017-2018, grâce à son projet Le train des 57 cordes. Spécialisée en flamenco, mais inspirée par de nombreux genres musicaux dans ses créations, la compositrice et guitariste est présentement en tournée et s’apprête à sortir son deuxième album. Rencontre avec une personnalité artistique unique et inspirante.


La musique au-delà des frontières

Née d’un père lui-même musicien, joueur de guitare flamenca et surnommé Marcel Planté « El rubio », Caroline se familiarise avec l’instrument dans le ventre de sa mère et commence à en jouer dès l’âge de six ou sept ans. Son papa devient alors un mentor: il lui donne ses premiers cours, tout en la mettant progressivement en contexte professionnel, puisqu’elle commence à l’accompagner sur scène à 14 ans. Un peu plus tard, elle ressent le besoin de diversifier son apprentissage et prend des leçons avec « tous les guitaristes de flamenco qu’il y avait à cet époque à Montréal », nous confie-t-elle. L’ouverture sur le monde se fait doucement sentir, puisque Caroline assiste à des master classes de guitaristes espagnols en visite au Québec, avant de se décider elle-même à traverser l’océan pour se rendre dans la péninsule ibérique pendant dix ans.

Alors lancée, Caroline Planté n’est pas du tout découragée par les défis qui s’imposent à elle. Que la guitare flamenca soit un instrument traditionnellement associé aux hommes ne représente en rien une barrière pour la musicienne: elle doit faire ses preuves, donner deux fois plus pour justifier sa place et faire face à un milieu parfois machiste? Qu’importe, la passion est plus forte!

D’ailleurs, son rapport à la musique ne rentre pas non plus dans une case en particulier: il est au contraire libre, éclaté et riche en sources d’inspiration. « J’ai beaucoup d’influences autres que le flamenco; parce que même si le flamenco fait toujours partie de ma vie, j’ai aussi joué du piano pendant 11 ans avec mon oncle musicien qui m’a ouverte à la musique classique, et j’ai beaucoup écouté de rock », dit-elle avant de mentionner puiser aussi dans les racines électro ou la musique cinématographique pour ses créations.

Bref, rien n’arrête Caroline sur le chemin de son parcours musical!


Crédit photo: Hervé Leblay


La spontanéité comme moteur de création

Caroline nous révèle que son approche, lorsqu’elle compose, est avant tout guidée par la spontanéité. Elle n’est pas du genre à s’asseoir à un moment précis et dans un contexte donné pour se mettre à créer; c’est plutôt en parcourant les cordes de sa guitare, alors qu’elle pratique et qu’elle travaille des enchaînements mélodiques, que les idées et les débuts de pièces lui viennent naturellement. Elle nous explique: « J’essaie de suivre mon instinct, d’être fidèle à moi-même et d’être personnelle dans ce que je fais ». Quand on lui demande alors à quoi s’attendre pour son nouvel opus qui sortira sous peu, elle nous répond s’être baladée tantôt entre le mélodique et le rythmique, tout en s’imprégnant des influences rock-électro de son collaborateur et arrangeur Phil Pelletier. Au final, c’est donc pour elle un projet toujours teinté de flamenco, mais moins marqué par les sonorités musiques du monde, afro-cubaines ou jazz qu’on retrouvait dans son tout premier album.

Dans la même « lignée spontanée », son projet Le train des 57 cordes – qui lui a valu le Prix Accès Culture 2017-2018 – est tout autant le fruit d’une liberté créative. « Je suis venue à la Bourse RIDEAU en ayant décidé de porter le projet qui me ressemblait le plus, en ce moment. Je n’avais aucune idée de comment ça allait être reçu! », avoue-t-elle en riant. « Car, tout en restant flamenco, je ne voulais pas de danse ni de chanteurs, c’était un choix personnel et différent… », ajoute-t-elle en ayant conscience de la prise de risque que c’était.


Crédit photo: Hervé Leblay



Dans la confidence de son 2e album…

En ce moment-même, Caroline Planté travaille fort sur la pré-production de son second album, au milieu de tous ses autres projets. C’est en primeur qu’on y apprend la présence de beaucoup d’artistes invités, dont des chanteurs de flamenco qu’elle a rencontrés lorsqu’elle vivait en Espagne. « Il y a une pièce que j’ai écrite pour mon ami sommelier François Chartier et son vin espagnol, sur lequel les voix des chanteurs flamenco ont été intégrées. C’était important pour moi qu’on ait des artistes authentiques pour chacune des pièces ». Aussi, on pourra s’attendre à entendre les formidables Jorane (voix et violoncelle) et Lisa Iwanycki (paroles et voix) sur ce disque.


Crédit photo: Hervé Leblay


Si vous ne connaissez pas encore le travail de Caroline Planté, vous pourrez la découvrir sur scène tout au long de l’automne avec Le train des 57 cordes, et dans d’autres spectacles du Réseau Accès Culture tels que Voyages (« beaucoup plus traditionnel » selon elle), ou Des mots sur mesure VII. Elle fera aussi une apparition au Festival du Monde Arabe le 11 novembre, dans le spectacle Alep Ya-La-Lal-Li, La ville à mille temps. Plus d’informations sur son site, ici.