« Guy Nantel : Nos droits et libertés », l’humoriste pince sans rire persiste et signe
« Guy Nantel : Nos droits et libertés », l’humoriste pince sans rire persiste et signe

Publié par Daniel Raymond le Mer. 8 novembre 2017 à 15h30 - Contenu original
Humour, Guy Nantel, Nos droits et libertés, Place des Arts, Suggestions de sortie, Théâtre Maisonneuve

Crédit photos: Mark Blinch

Ce mardi soir, le 7 novembre au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, c’était la très attendue première montréalaise du nouveau spectacle de Guy Nantel. L’humoriste éditorialiste s’est investi à fond dans le « brassage de cage », sur un ton toujours mi-figue, mi-raisin qui nous a constamment fait rire autant que réfléchir.


Guy ayant été rien de moins que menacé de mort par un résident de Québec, qui a incidemment été arrêté par la police, n’a en rien altéré son plan de match… Sauf pour la présence policière à l’entrée de la salle, et la sécurité qui se réservait le droit d’examiner le contenu des sacs et des bourses de détenteurs de billets.

A-t-il refait sa controversée blague sur Alice Paquet, qui a dénoncé une inconduite sexuelle dont se serait rendu coupable le député Gerry Sklavounos? Oui! Mais sans jamais nommer Mme Paquet ni Monsieur Sklavounos d’ailleurs, devenu Souvlaki par souci humoristique. Pour l’avoir d’abord préalablement lue hors contexte dans les médias, et ensuite l’avoir entendue live from the horse’s mouth, je n’hésite pas un seul instant à qualifier le tumulte engendré par cette blague de « pure et simple tempête dans un verre d’eau ».

Il est plus qu’évident, ça crève même les yeux et les oreilles, que Guy ne prône absolument pas la culture du viol. Mais sa façon unique de constamment osciller entre le premier et le second degré peut peut-être parfois porter à confusion, bien que le spectateur-auditeur devrait toujours se rappeler que le but premier d’un humoriste est de faire rire, ce peu importe le sujet abordé; et non pas de défendre une thèse de doctorat à teneur sociale chaque fois qu’il ouvre la bouche.

Guy vise à faire rire, réfléchir et changer nos attitudes. Il le fait tout aussi efficacement qu’admirablement alors que, d’entrée de jeu, il aborde des sujets comme la religion, en se moquant autant des catholiques que des juifs et des musulmans. Elles passent toutes à la moulinette et on en rit copieusement. Les rires ont d’ailleurs fusé à profusion durant l’heure et demie qu’a duré son « éditorial à caractère social » qui a, bien sûr, dilaté ma rate et même failli la faire éclater.

Généralement les humoristes me font sourire mais rarement rire à gorge déployée. Par contre, Guy maitrise la recette de constamment m’extirper de bons gros rires bien gras. À mon humble avis, c’est le « Dr Patch Adams » de l’humour québécois. Il pratique la thérapie de groupe et la critique sociale par le rire et le fou rire. Il n’a pas son égal chez ses collègues.

En plus de traiter de la religion, il s’aventure également sur le terrain du féminisme exacerbé, du consentement sexuel, de l’intégration des immigrants dans leur pays d’accueil, des politiciens qui nous mentent effrontément, de la rage endémique qui sévit sur les réseaux sociaux grâce à l’anonymat relatif qu’ils procurent au premier fort-en-gueule venu, de la nécessité d’assumer et d’affirmer notre identité de québécois francophones, de la liberté d’expression, du droit de faire des blagues sur n’importe quel sujet, etc. Comme vous pouvez le constater, il ratisse large, fait flèche de tout bois et atteint infailliblement sa cible, pour notre plus grand plaisir, au nom du divertissement et au profit de l’éveil collectif.

Guy est plutôt impitoyable envers les Québécois indécis et mollassons qui n’assument par leur liberté d’autodétermination, et qu’il qualifie même de « lavettes », en blague bien sûr.

Je suis d’avis que la ridicule controverse qui présentement l’entoure va plutôt le servir que le desservir. Hier soir il jouait à guichet fermé, et il mérite grandement que ça se poursuive ainsi pour l’ensemble de ses futures représentations.

Son entrée sur scène a été longuement et chaleureusement accueillie avec débordement d’enthousiasme; et à la fin du spectacle, il a été salué par une réconfortante ovation debout et de rassurants applaudissements aussi sincères que nourris.

Pour conclure, je vous offre deux divulgâcheurs qui m’ont particulièrement faire rire. En s’adressant au zélote religieux de quelque dénomination que ce soit, Guy a lancé : « Si tu parles à Dieu, t’es un croyant; et s’il te répond, t’es un schizophrène. » Aux musulmans il a adressé ce sage conseil : « Faut pas mettre la sharia avant l’Hébreu. »


Le spectacle de l’impayable et incomparable Monsieur Nantel est à ne pas manquer. Vous pouvez consulter le calendrier de ses prochaines prestations thérapeutiques, et même vous procurer des billets, en cliquant ici .