Léonard Cohen au MAC | Débrider avec précision
Léonard Cohen au MAC | Débrider avec précision

Publié par Alix Genevrier le Ven. 1 décembre 2017 à 16h15 - Contenu original
Exposition, Auteur-compositeur-interprète, Leonard Cohen, Musée d'art contemporain, Musique, Nouvelles, Rétrospective, Suggestions de sortie

Crédit photos: Claude Gassian, Till Cremer

Grâce à une quarantaine d’artistes de dix pays différents, à l’accord de Léonard Cohen avant son décès et à l’aide de certains membres de sa famille, l’exposition Léonard Cohen : une brèche en toute chose a vu le jour au Musée d’Art Contemporain (MAC) de Montréal, ce mois de novembre. Un an après la mort de l'artiste, une rétrospective est donc lancée et se poursuit jusqu’au 9 avril 2018.


En hommage à Léonard Cohen, auteur, chanteur, compositeur, poète et peintre, le MAC nous offre une exposition « son et lumière » complète et complexe, à l’image de l’artiste multidisciplinaire.


  • « La poésie est un verdict, pas un choix »

Lorsque son père décède alors qu’il a 9 ans, la vie de Léonard Cohen prend un véritable tournant. A-t-elle perdu son sens ou l’a-t-elle trouvé ? Le jour de cette perte, l’enfant est devenu poète. Tout ce qui adviendra ensuite ne sera que la poursuite de ce qu’il a vécu ce jour-là, de son angoisse. Il ne s’agira que de se rapprocher le plus possible de cette dernière, pour la retranscrire, pour la toucher avec clairvoyance, la dompter, y lire au travers.

C’est ainsi qu’au cours de sa vie, chaque étape, chaque mot posé sur papier, chaque autoportrait gribouillé, n’ont été qu’un pas de plus vers sa quête. Il en a été de même pour son séjour de cinq années en Grèce, entrepris pour « me rapprocher de ce que j’avais à consolider en moi », affirme-t-il dans une des entrevues diffusées au MAC.

Léonard Cohen a passé sa vie à construire l’artiste qu’il est devenu à 9 ans.


  • « Parfois, on est au pied du mur et on lance un appel à l’aide et ça devient une chanson »

Mais trouver la source de ses maux pour un artiste est une quête perpétuelle. Pour Léonard Cohen, elle a été prolifique. Elle a donné naissance à d’innombrables œuvres d’univers différents, faisant de lui un créateur prolixe.

Sa voix chaude guide et émeut tout au long du parcours de l’exposition: « Je suis né avec une voix d’or » affirme-t-il, et pour cause. Il apparaît comme un guide spirituel à la voix brûlante, de celles qui vous réchauffent le cœur avec leurs mots si justes. Bien qu’admettant ne pas avoir de stratégie spirituelle, il apparaît comme en étant une à lui tout seul.


  • Hommage du MAC



L’exposition du MAC est entière, elle présente d’un part des courts-métrages, des extraits d’entrevues découpées et des reprises de certaines compositions de Léonard Cohen par divers artistes.

Elle mise aussi sur l’originalité et l’immersion, en proposant différentes mises en scènes et plateformes artistiques pour rendre hommage à Léonard Cohen. Des holographies, des courts-métrages d’animation, des expériences de réalité virtuelle proposant aux visiteurs de s’envoler individuellement, cinq minutes durant, dans l’univers artistique de Léonard Cohen.

Mais ça n’est pas tout, on peut y découvrir une pièce unique au pouvoir immersif surprenant, dédiée exclusivement à l’écoute de 18 chansons de Léonard Cohen, reprises par un groupe de musiciens et de chanteurs vocalistes minutieusement sélectionnés pour le bonheur de nos oreilles.

L’exposition est très intimiste, elle permet d’entrer, pour quelques heures, dans l’univers du défunt artiste ; un univers de mots, d’images, de métaphores et de profondeur d’esprit. Un univers mélancolique mais d’une beauté réconfortante, un univers qui légitime la vulnérabilité de l’Homme, car « Il y a une brèche en toute chose, c’est ainsi qu’entre la lumière ».


Le MAC expose Léonard Cohen : une brèche en toute chose jusqu’au 9 avril 2018; et chaque mois jusqu’à la fin de l’exposition, le MAC et Pop Montréal présentent une série de 5 concerts sur 5 des albums emblématiques de l’artiste. Pour savoir quel concert se joue quand, c’est ici ; pour la billetterie, c’est .