Splendeur et grandeur de Vienne
Splendeur et grandeur de Vienne

Publié par Luce Langis le Mer. 3 janvier 2018 à 12h00 - Contenu original
Musique, Johann Strauss, Lara Ciekiewicz, Lyne Fortin, Musique classique

Crédit photos: Chris Lee

Il n'y a pas de meilleure façon de commencer l'année que d'assister au merveilleux concert « Hommage à Vienne », présenté chaque premier janvier, depuis quelque vingt ans, au Québec et dans plusieurs grandes villes canadiennes... La belle salle Wilfrid-Pelletier accueillait pour l'occasion les nombreux artistes venus nous présenter le visage unique de Vienne, à travers sa musique, sa danse, ses couleurs et sa créativité. Ce concert multidisciplinaire haut en couleurs, composé de musique classique et populaire viennoise, de danses et de chants traditionnels, est un pur régal pour les oreilles, les yeux et le cœur...


Que de talents réunis sur une même scène! En plus de l'orchestre Strauss du Québec, dirigé par l'excellent maestro Alexander Steinitz et composé d'une cinquantaine de musiciens accomplis, cet unique concert annuel nous a permis d'entendre les éminents solistes invités Lyne Fortin (Soprano), Lara Ciekiewicz (Soprano), Brian Cheney (Ténor) et d'admirer les talentueux danseurs du Ballet national de Hongrie et ceux des Champions internationaux de danse sociale, tous accompagnés de l'orchestre. Une vraie fête pour les sens!

Nous devons cette « ode à la vie » au couple Marion et Attila Glatz, les concepteurs et producteurs du spectacle. Exilés au Canada il y a plus de 20 ans, ces Européens nostalgiques du célèbre concert du Nouvel An de Vienne ont voulu implanter cette belle tradition dans le « Nouveau Monde ». Pari plus que réussi, puisqu'après le premier concert présenté à Toronto, une série de 25 concerts s'en est suivie, présentés dans différentes villes du Canada et des Etats-Unis. Des milliers de gens de partout dans le monde convergent maintenant chaque année vers ces villes pour voir leur traditionnel « Hommage à Vienne. »

Ce magnifique concert de plus de trois heures – Quelle générosité de la part de ces artistes! - s'est ouvert avec le « Der Zigeunerbaron » de Strauss, qui nous a mis en appétit. S'en est suivie la pièce « Heia in den Bergen » de Emmerich Kalman, avec la soprano Lyne Fortin. Puis, le ballet « Tausend und eine Nacth Walzer, Op. 346 de Strauss, est venu ajouter un nouvel élément au spectacle : la danse. Les quelques milliers de spectateurs réunis étaient d'ores et déjà totalement sous le charme irrésistible de Vienne. L'immense salle de la Place des Arts était remplie à pleine capacité, du parterre jusqu'au dernier balcon. Le spectacle, extrêmement bien conçu, faisait alterner les valses de Strauss - connues et aimées de tous - avec les pièces moins connues de Franz Lehar et d'Emmerich Kalman. Puis, lorsque nous nous étions bien laissé bercer par ces mélodies rondes et suaves, une bonne polka de Strauss, illustrée par les dynamiques danseurs en habits traditionnels, venait mettre plus de piquant dans la salle. L'atmosphère était à la joie, à la fête et au plaisir d'être tous ensemble.

Après l'entracte, le joyeux et trépidant « Guillaume Tell » de Rossini nous attendait en ouverture. Chaque fois que j'entends cette pièce, je ne peux m'empêcher de voir des hordes de chevaux sauvages galoper à vive allure dans la prairie... C'est si entraînant! Il fallait voir aussi Maestro Steinitz diriger d'une main sûre et habile tous ces violonistes dont l'archet courait plus vite que les doigts... Puis, quatre pièces de Franz Lehar ont suivi, honorées, en ordre, par le ténor Brian Cheney, par la soprano Lara Ciekiewicz, par les danseurs de ballet, pour terminer par la soprano Lyne Fortin. Puis, deux polkas de Strauss, entrecoupées par une pièce de Lehar, sont venues clore « officieusement » le spectacle. En effet, comme l'a très bien spécifié Maestro, c'était bien « officieusement », car il nous réservait encore de multiples surprises, si nous manifestions notre intérêt... Bien entendu, la salle ne s'est pas fait prier pour le manifester, à travers une longue ovation debout... C'est ainsi que le spectacle s'est rallongé d'une bonne demi-heure, au cours de laquelle nous avons eu droit à trois belles pièces. Au cours de l'une d'elles, la soprano Lara Ciekiewicz, tenant un bouquet de roses dans les mains, les a jetées une à une dans la foule. Puis, tout l'orchestre nous a souhaité, en choeur, un vibrant « Bonne année! »

C'est avec un plaisir évident et un beau sens de l'humour que le Maestro Steinitz ainsi que tous les musiciens et danseurs de ce concert magistral ont joué et dansé pour nous cet après-midi du 1er janvier 2018. Leur générosité n'avait d'égal que leur talent... Et c'est avec un « au revoir » joué par l'orchestre qu'ils nous ont salués une dernière fois...

Merci à tous ces artistes qui ont réchauffé « à la viennoise » le cœur des Montréalais par ce festif concert-spectacle! A l'année prochaine!