Charlotte a du fun | Cinéma et libertinage « millenial »
Charlotte a du fun | Cinéma et libertinage « millenial »

Publié par Alice Boccara le Mer. 28 février 2018 à 16h00 - Contenu original
Cinéma, Alex Godbout, Anthony Therrien, Charlotte a du fun, Marguerite Bouchard, Romane Denis, Rose Adam, Sophie Lorain, Suggestions de sortie

Crédit photos: Les Films Cristal

Ce vendredi 2 mars, le deuxième long-métrage de Sophie Lorain, Charlotte a du fun, sort en salles. Comédie décomplexée et bien actuelle, le film nous raconte avec humour et bienveillance la sexualité des adolescentes d’aujourd’hui. Interrogeant les doubles standards qui pèsent sur les jeunes filles à la sexualité libérée, la réalisatrice québécoise réussit là une belle performance.


Charlotte a du fun, c’est d'abord l’histoire de trois amies : Charlotte (Marguerite Bouchard) la romantique avec une peine de cœur, Mégane (Romane Denis) la révolutionnaire féministe, et Aube (Rose Adam) l’éternelle vierge rêvant de passion et d’amour. Encore au secondaire, les trois amies se font engager au Jouets Dépôts. Là, elles rencontrent une dizaine de garçons du Cégep, tous aussi cool et séduisants les uns que les autres, et n'ayant pas l’air d’avoir de problème avec le fait de butiner d’une fille à une autre. Pour se consoler de sa peine d’amour, Charlotte décide de faire pareil… jusqu’à découvrir que la liberté sexuelle ne passe pas aussi bien pour les filles que pour les garçons.





Alors que les garçons s’amusent, notre protagoniste, elle, se sent coupable et devient une « salope… dans le bon sens du terme », en référence à l’une des conversations de Charlotte et ses amies. Le film réussit l’exploit de rester une comédie ludique mais aussi franche. Car Charlotte a du fun n’est pas non plus cynique: le regard de la réalisatrice sur ses jeunes acteurs est toujours empreint de bienveillance, sans pour autant que cela adoucisse son propos... ni la dénonciation d’un double standard que l’on croyait peut-être avoir dépassé dans les années 1970. Mais, à mesure que l'intrigue évolue, la réalisatrice nous fait aussi prendre conscience qu'un chemin a quand même été fait, les mentalités ayant évolué du côté des filles (qui assument leur droit au plaisir) comme des garçons (qui deviennent des alliés plutôt que des machos).

Le film est si enjoué et vif qu’on en oublierait qu’il est en noir et blanc. Les blagues un peu lourdes et dragueuses (des garçons comme des filles) et les joutes verbales se succèdent. Le jeu des jeunes acteurs est déjà très prometteur, avec notamment Alex Godbout en amoureux transi et Anthony Therrien en Casanova. L’histoire se tisse, de façon surprenante et réaliste, entrecoupée d’images de la Callas chantant L’amour est enfant de bohème d’un air espiègle, et de parties effrénées de Just Dance!

Jamais prévisible, l’intrigue avance et nous charme. Bref, si vous voulez rire devant un teen-movie intelligent et dénonciateur, allez voir Charlotte a du fun !


Le film prend l’affiche le 2 mars 2018 partout au Québec.