« Vivre après avoir survécu »; recréer sa vie après une agression sexuelle
« Vivre après avoir survécu »; recréer sa vie après une agression sexuelle

Publié par Élizabeth Bigras-Ouimet le Mar. 3 avril 2018 à 17h00 - Contenu original
Éditions de l'Homme, Geneviève Parent, Littérature, Psychothérapie, Suggestions de lecture, Vivre après avoir survécu

Crédit photos: Éditions de l’Homme

« Subir une agression sexuelle est l'une des plus grandes épreuves qu'une personne puisse vivre. Les répercussions en sont nombreuses […] et se traduisent entre autres par un lot d'émotions envahissantes comme la peur, la culpabilité et la méfiance. » L’auteure Geneviève Parent, sexologue et psychothérapeute, propose le livre Vivre après avoir survécu, aux Éditions de L’Homme, à toute personne victime d’agression sexuelle qui désire sortir de la souffrance. Un livre touchant et empathique qui maintient l’espoir d’une guérison émotionnelle et relationnelle.


Lors de ses études universitaires, l’auteure Geneviève Parent a travaillé auprès de femmes et d'adolescentes victimes d'agression sexuelle, mais aussi auprès d'hommes victimes d'abus sexuels dans leur enfance. Sexologue etpsychothérapeute, Geneviève Parent a écrit son livre Vivre après avoir survécu afin d’aider les victimes d’agression sexuelle à se libérer tout doucement de leur joug, à briser leur isolement, leur honte, leur culpabilité et leur colère. Chaque chapitre donne des exemples types d’agressions vécues et des questions souvent relevées lors des séances de thérapie avec les victimes.

L’auteure donne espoir à toute personne qui a vécu l’insurmontable : vous pouvez vous en sortir et vivre pleinement votre vie en faisant preuve de force, de détermination, de patience et surtout, d’amour envers vous-mêmes. Vous méritez de vivre et de reprendre votre vie en main, de vous aimer et d’être aimé pour la personne que vous êtes, en toute confiance.

« Survivre est-il suffisant? […] Lorsque je travaille avec des personnes ayant été victimes d’agression sexuelle, je souhaite plus que cela pour elles. Je les souhaite "vivantes" dans leur corps, dans leur tête et dans leur cœur. Je tiens à ce qu’elles "vivent" à nouveau, en embrassant la vie, à bras ouverts. »


Briser l’isolement

« L’agression sexuelle est un geste de domination. Une personne exerce son pouvoir sur une autre à travers la sexualité, mais aussi à travers un regard, des paroles, des attitudes, parfois en faisant des menaces de représailles ou en ayant recours à la violence physique. Il en découle de la peur et un sentiment d’impuissance. Retrouver le sentiment de pouvoir sur soi, sur son corps et sur sa vie est une étape importante pour se sentir à nouveau pleinement vivant. »

Avec compassion et professionnalisme, Geneviève Parent donne des conseils spécifiques, des réflexions et des exercices de visualisation, de méditation et de relaxation pour chaque chapitre du livre Vivre après avoir survécu. La sexologue fait également des liens avec les expériences de vie des victimes et aide celles-ci à prendre conscience des événements traumatiques, des séquelles et répercussions qu’ils ont eues sur elles. Afin de reprendre le pouvoir sur leur vie, les personnes doivent demeurer dans l’action, elles doivent agir sur l’impuissance qui les paralyse.

« La culpabilité peut vous conduire à vous dévaloriser, à vous haïr même, et à vous punir en faisant de l’autosabotage, en consommant de l’alcool ou de la drogue et en ayant des comportements destructeurs. Le sentiment de trahison vous laisse un goût amer des relations interpersonnelles. Il vous amène à vous replier sur vous-même […] La réaction de votre entourage peut aussi vous faire vivre un sentiment de trahison. Vous a-t-on cru lorsque vous avez dénoncé votre agresseur? »

En se rappelant de ce qui s’est passé, plein d’émotions diverses envahiront la victime. La culpabilité est une des émotions les plus souvent citées;les victimes se demandent pourquoi elles sont demeurées là sans rien faire, sans crier, sans se débattre parfois.

Complètement déstabilisées, elles ont de la difficulté à faire confiance aux autres, à se faire confiance aussi. Comment pourraient-elles se fier à leur intuition, à leurs ressentis puisqu’elles n’ont pas su se défendre face à l’agresseur?

Retrouver le contrôle sur soi et apprendre à se protéger sainement prend du temps. Le chemin vers la guérison est rocailleux, mais en vaut tellement la peine.


La colère, cette émotion malmenée

La colère sert d’armure parfois; elle nous protège des autres, nous couve telle une bulle où personne ne peut nous toucher ni nous désarmer. Que vous étiez enfant ou adulte lors des agressions, il se peut qu’on n’ait pas voulu entendre votre colère. Cela a pu vous mener à l’isolement, à vous sentir si seul dans votre malheur et si incompris.

Libérer votre colère ne veut pas dire que vous avez pardonné à votre agresseur, mais que vous posez un geste tendre à votre égard, un geste d’amour et de compassion envers la partie de vous qui a été blessée et incomprise. Mieux vivre avec votre colère, c’est être à votre écoute, c’est être cette personne qui sera toujours là pour vous, être la personne qui vous aimera inconditionnellement. Vous avez le droit d’être en colère contre votre agresseur, contre tous ceux qui ne vous ont pas cru ou écouté, contre vous-mêmes aussi. Mais cette colère doit être apprivoisée et accueillie désormais, car elle est la clé de votre libération.

Apprenez à vous aimer. Il n’y a pas de formule magique pour guérir; cela passe par le temps, l’amour et la patience, la résilience, et l’accueil de tout ce que vous êtes. Soyez bon et doux envers vous! La peur d’aller mieux existe peut-être aussi en vous; vous avez peut-être peur qu’on vous juge, qu’on dise que si vous aviez vraiment souffert, vous ne seriez pas aussi heureux maintenant… c’est un choix à faire. Un merveilleux geste d’amour à vous donner.

Vous ne retrouverez aucune morale dans le livre Vivre après avoir survécu, mais un désir profond chez Geneviève Parent d’accompagner et soutenir les victimes. L’impuissance est le lot des victimes, mais aussi de ceux qui les aiment et désirent mieux les comprendre. La guérison ne se fera pas sans deuil, mais elle sera source de mieux-être avec soi et avec les autres, source d’une libération amplement méritée.

Osez vous aimer suffisamment pour enfin vivre la vie que vous méritez!


Pour plus d’informations sur l’ouvrage, cliquez ici.

Vivre après avoir survécu
Geneviève Parent
Éditions De l’Homme