« Traces de vie » | Un parcours dans le monde de l’architecture chaotique
« Traces de vie » | Un parcours dans le monde de l’architecture chaotique

Publié par Corinne Viau le Ven. 6 avril 2018 à 17h45 - Contenu original
Exposition, Denis Bordeleau, Gatineau, Maison de la culture, Peinture, Suggestions de sortie, Traces de vie

Crédit photos: Antoine Messier

Jouant avec les teintes, les textures et les points de vue, Denis Bordeleau nous plonge dans son univers inspiré des bidonvilles. Présentée à la Maison de la culture de Gatineau, l’exposition Traces de vie offre diverses représentations d’un désordre structurel abstrait qui permet à son spectateur d’y voir différentes perspectives.


Ouvrant ses portes au public le jeudi 29 mars, Denis Bordeleau observait les amateurs d’art visuel déambuler dans la petite salle Art-Image pour observer quelques-unes de ses créations. Seulement certaines d’entre elles sont exposées pour le prochain mois à la Maison de la culture de Gatineau, bien que l’artiste travaille minutieusement sur ce projet depuis cinq ans.

Denis Bordeleau veut sortir du moule des traditionnelles toiles de peinture ; c’est pourquoi il a composé son exposition de gravures, de maquettes et de paravents, tous de carton. Traces de vie n’a pas vraiment un but de contestation sociale comme on pourrait le croire. En fait, l’exposition cherche vraiment à faire ressortir le « beau côté » des bidonvilles : son architecture à la fois chaotique et organisée.

Faisant ses premiers essais sur des bouts de carton en 2012, Denis Bordeleau a découvert les nuances que ce matériel pouvait apporter à ses œuvres. « Quand on travaille en atelier, on fait parfois des erreurs, mais ça nous amène à quelque chose quand même », disait-il aux visiteurs de la galerie. Les quelques écorchures, parfois ajoutées sans le vouloir par l’artiste, ont su rappeler l’imperfection de l’architecture des bidonvilles.

Certaines œuvres sont faites d’une seule pièce de carton; aussi, l’essentiel du travail artistique était de jouer avec les teintes et les textures des différentes couches du projet. Allant parfois jusqu’à exposer la partie ondulée du carton, Denis Bordeleau a utilisé cette texture pour représenter les murs et les toits des maisons de son bidonville imaginaire. Dans ses œuvres Résilience 1 et Résilience 2, il a même décidé d’ajouter d’autres matériaux à ses toiles. Morceaux de bois, pièces de lego et fragments métalliques sont incrustés dans ses œuvres, variant ainsi les couleurs de manière plus prononcée.


Résilience 1


Résilience 2


Les œuvres abstraites de l’exposition poussent leur observateur à les regarder sous différents angles, afin de vraiment saisir toutes les nuances et toutes les formes cachées dans leurs gravures. Ce n’était peut-être pas le but de l’artiste; pourtant, elles poussent aussi à réfléchir sur le phénomène généralisé des bidonvilles dans les pays pauvres. « De nos jours, une personne sur six vit dans un bidonville, squat ou habitat précaire », comme l’expliquait Radio-Canada dans sa série sur le sujet. Peu importe la perspective qui capte le plus son spectateur, Traces de vie laisse une marque, une gravure dans l’esprit de celui qui regarde l’ensemble de ces œuvres.


L’exposition artistique de Denis Bordeleau a déjà voyagé dans plusieurs galeries, notamment à Montréal. Pour ceux qui l’auraient manquée, celle-ci est disponible à Gatineau, dans la salle Art-Image jusqu’au 2 juin. En plus, bonne nouvelle pour les amateurs d’art : c’est gratuit!


Maison de la culture de Gatineau,

855, boulevard de la Gappe