Un « Pas de deux » mélancolique et illusionniste à l'Usine C
Un « Pas de deux » mélancolique et illusionniste à l'Usine C

Publié par Alice Boccara le Lun. 16 avril 2018 à 16h00 - Contenu original
Danse, Danse contemporaine, Pas de deux, Pina Bausch, Raimund Hoghe, Takashi Ueno, Usine C

Crédit photos: Site rosa-frank.com

À l’Usine C, deux des plus grandes pièces de Raimund Hoghe sont jouées dans le cadre d’un festival-hommage à l’artiste qui a lieu du 10 au 18 avril. Dans ses pièces, Raimund Hoghe – qui fut l’un des plus proches collaborateurs de la grande dame de la danse contemporaine Pina Bausch – nous propose une vision décalée du monde, tout en humour grinçant et en poésie lunaire.


Pas de deux : le titre fait référence à ce qui est le summum de l’élégance et de la grâce dans le ballet classique, c’est-à-dire à ce couple d’une beauté surhumaine que forment un danseur et une danseuse étoiles. Avec Raimund Hoghe, le pas de deux devient un couple étrange, tout en contrastes et en disproportions : Takashi Ueno, un jeune danseur japonais formé au Butô, et lui-même, Raimund Hoghe – bossu, petit, le regard perçant. Chaussés de sandales traditionnelles japonaises, les deux danseurs se tournent autour, s’attirent, se repoussent, jouent du public, bouleversent.

Alors, le duo fascine par l’étrange douceur qui en émane. Le regard passe d’un corps à l’autre sans bien comprendre si ce sont les différences physiques ou les ressemblances de mouvements qui frappent le plus. Les corps sont tantôt mis à nu, tantôt cachés sous des couches de tissu et d’accessoires.


Le décor est minimaliste (il n’y a quasiment rien sur le plateau à part les deux danseurs), mais l’illusion fonctionne. La connaissance poussée et virtuose de la scène par Raimund Hoghe impressionne et maintient l’attention du spectateur, pourtant un peu difficile à garder pendant les deux heures que dure le spectacle... On reconnaît là la longue pratique de Raimund Hoghe, en tant que scénographe aux côtés de Pina Bausch : il ne lui faut que quelques objets pour en faire tout un monde, qui se transforme sous nos yeux.


Si vous n’avez pas encore pu aller assister aux pièces de Raimund Hoghe, vous pouvez toujours découvrir cet artiste le mercredi 18 avril, à l’occasion d’une classe de maître qu’il donnera à l’Usine C. Le chorégraphe et danseur présentera son œuvre avec extraits vidéos et sonores de son choix. Et en plus, l’entrée est libre ! Pour plus d’informations, cliquez ici.