Poésie du quotidien: Rupture
Poésie du quotidien: Rupture

Publié par Charles Moquin le Jeu. 17 mai 2018 à 0h00 - Contenu original
Érotique, Littérature, Poésie du quotidien, Rupture


La série de textes Poésie du quotidien présente des sujets prosaïques avec une teinte poétique.



À son arrivée à la maison, elle goûtait le sperme lorsque je l’ai embrassée. Cela a provoqué, ce soir-là, des brusqueries de ma part au lit. Je me comportais comme si j’étais avec quelqu’un que je payais. C’était la première fois que je la baisais en 8 ans. Et je ne lui ai jamais refait l’amour depuis. Je la perçois comme une étrangère salace. Elle me répugne et m’excite. Je la lèche, la sodomise et puis me douche et me couche. Je ne parviens plus à l’embrasser. Tous les matins, je me demande ce qu’elle fait à mes côtés. Je préférerais me réveiller en diagonal et me masturber en pensant à elle. C’est incroyable ce que les sentiments peuvent évoluer. Le mépris et l’envie prennent la place du désir et de l’admiration. Je me fous de tout. Ce qui peut lui arriver, je n’en ai plus rien à branler. Dire que je l’avais presque continuellement en tête, il y a à peine 2 mois. Et maintenant, je la baise en pensant à elle auparavant. Comme si je la trompais avec elle-même. En plus, j’imagine de me voir arriver à l’improviste et ça m’excite. Je pensais que le jour où ce serait la fin, je lui demanderais d’aller prendre un bain et de se brosser les dents le matin, avant de faire l’amour. Je m’étais trompé. Je l’aime toujours sale et souriante. Pour le reste, plus rien. Au lit, on communique par borborygme. On vit, on rit, chacun de son côté. Mais on n’arrive pas à se quitter. Je crois, paradoxalement, que c’est le sentiment de liberté créé par l’indifférence qui nous lie. J’ai quand même l’étrange sensation de vivre le meilleur du pire.