Polo & Pan aux Francos | Danser toute la nuit
Polo & Pan aux Francos | Danser toute la nuit

Publié par Judith Bonnard le Lun. 18 juin 2018 à 19h30 - Contenu original
Musique, Électro, Festival, Francos de Montréal, Le Couleur, MTELUS, Musique pop, Polo & Pan

Crédit photos: Frédérique Ménard-Aubin

On entre à toute vitesse au MTELUS pour profiter des premières notes de Polo & Pan qui résonnent déjà dans le hall. Ce samedi, c’est Le Couleur qui ouvre le spectacle du duo de musique électronique, dans le cadre de la 30e édition des Francos. Les portes de la salle s’ouvrent sur un mur et, quand on tourne le coin, la foule dense couvre tout l’espace.


Les yeux sont ébahis par les lumières colorées qui arrivent de la scène, et les oreilles surprises d’être accueillies par le thème du film Le Grand Blond avec une chaussure noire. On aperçoit d’abord Polo & Pan qui se tiennent derrière leur comptoir blanc de DJs, souriants, dansants, parfaitement à l’aise au-dessus du public en effervescence. Reste à se trouver un petit espace, pour regarder les animations ininterrompues qui accompagnent leur musique, projetées sur tout le mur et la console. Et à se laisser aller.

La foule est belle au MTELUS. Tout le monde est entraîné par la musique. On est sur un immense plancher de danse, et rares sont ceux qui ne se laissent pas aller aux rythmes de Polo & Pan, à saveur de vieux airs connus.

Pan a dit…

Polo & Pan, habillés en blanc graphique, se fondent à leur décor pour mieux refléter les images d’animation. Ils sortent ponctuellement de leur bar à musique, nous rejoignent à l’avant de la scène et animent la foule qui répond au doigt et à l’œil.

Polo est audacieux, visiblement blessé au pied, il virevolte avec ses cannes ou sautille sur le pied valide d’un point à l’autre. Pan danse avec légèreté pendant tout le spectacle.

« Peter Pan », de son vrai nom Alexandre Grynszpan, se lance dans un « Jacques a dit » avec la foule, un vrai. Il fait bondir longuement les danseurs, lever les mains, la salle est plus que réceptive. Et il lance le hit.

Et Polocorp (Paul-Armand Delille) s’amuse un long temps avec deux énormes pompons rouges et blancs de meneuse de claque, qu’il finira par lancer dans la foule peu de temps avant la fin du spectacle.

Deux univers : graphique et sonore

La musique remplit tout l’espace du MTELUS, mais on perd les voix de Polo & Pan. Il faut tendre l’oreille pour capter les paroles des chansons et les animations de nos musiciens. Mais on leur pardonne. L’ambiance est trop festive et on n’a qu’à suivre la musique.

La surprise de Polo & Pan en spectacle, c’est la nuance avec ce qu’on reçoit d’eux en vidéo. La présentation de leurs œuvres en images est toujours d’un graphisme léché, d’un esthétisme très réfléchi, qui présente des univers improbables. Ce qui peut rendre leur production plus difficile d’accès.

Sur scène, on est ailleurs : impossible de rester de glace face à cette énergie de fête. Le graphisme est encore là, signature qui marque et accompagne la musique en animations continues. Mais les images demeurent abstraites, géométriques, il s’agit juste d’un soutien visuel au rythme, comme un éclairage très personnalisé.

Une fin rapide

Arrive alors « Canopée », un succès parmi tant d’autres. Le public connaît visiblement tous les tubes de Polo & Pan et se réjouit dès les premières notes de chaque pièce. Quand la bossa nova de « Canopée » se termine, Polo & Pan saluent, mais personne ne les entend. La foule danse avec frénésie depuis plus d’une heure et n’en a pas assez. On n’est pas rassasiés de leurs rythmes.

Quelques secondes avant de constater qu’ils ont vraiment fini leur programme, alors qu’il est 23 h passées, la foule scande et applaudit. On en veut encore! La soirée n’est pas terminée. C’est une longue demande de rappel qui ne se fatiguera pas et qui va finalement convaincre nos DJs électro de revenir sur scène, un peu démunis. Ne reste qu’à offrir à cette foule chaleureuse des extraits du futur album.

Ils glisseront, dans un rappel généreux de plus de 20 minutes, leur « Arc-en-ciel », pour tranquillement clore ce « voyage existentiel » partagé par tout le public du MTELUS.


Finalement, Polo nous laissera sur un « Merci Montréal, on reviendra vite! ». Message reçu! On vous attend de pied ferme.