Pierre, Jean, Jacques... ou le triomphe de Martin, Benoît et Luc!
Pierre, Jean, Jacques... ou le triomphe de Martin, Benoît et Luc!

Publié par Daniel Raymond le Sam. 23 juin 2018 à 9h00 - Contenu original
Théâtre, Benoît Brière, Luc Guérin, Martin Drainville, Pierre, Jean, Jacques, Suggestions de sortie, Théâtre d'été, Théâtre du Vieux-Terrebonne


Le mercredi 20 juin, au Théâtre du Vieux-Terrebonne, c’est un feu roulant de comédie loufoque que nous ont offert Martin Drainville, Benoît Brière et Luc Guérin, les trois principaux protagonistes de la pièce Pierre, Jean, Jacques. Il s’agit là d’une farce vaudevillesque monumentale, ponctuée d’innombrables quiproquos, imbroglios et rebondissements générateurs de rires, de fous-rires, et même de gros rires gras bien tonitruants.


Pierre Croteau (Benoît Brière) et sa femme Linda veulent adopter un enfant et attendent l’arrivée imminente de Mme Potvin, représentante de l’agence d’adoption, qui vient les interroger pour évaluer le sérieux et la faisabilité de leur démarche. Mais la situation se complique inextricablement à cause de la présence et des agissements pour le moins embarrassants de Jean (Luc Guérin) et Jacques (Martin Drainville), les deux frères magouilleurs de Pierre.

La pièce originale anglaise s’intitule Tom, Dick and Harry et est l’œuvre de Ray Cooney – surnommé le « Feydau anglais » – et de son fils Michael. La traduction et l’adaptation sont de Martin, Benoît et Luc, nos Three Stooges québécois, qui, dans cette bouffonnerie, se répartissent des rôles que l’on croirait avoir été spécialement créés sur mesure pour eux.

Leurs interactions « baignent dans l’huile » et sont réglées au quart de tour. Leur vaste expérience de la scène et leur complicité sont plus que manifestes. Pour le bénéfice de notre divertissement, ils donnent la pleine mesure de leur talent (colossal) pour la comédie.

Par son jeu survolté, par ses attitudes, réactions et mimiques, Benoît Brière focalise notre attention et brille de tous ses feux en déployant le vaste arsenal comique dont il dispose. Ce serait un euphémisme d’affirmer qu’il est très solidement supporté par ses deux comparses. En fait, ils forment un trio d’enfer. Ils se portent, s’entraînent, se secondent, se relancent et s’incitent mutuellement au dépassement. C’est une spectaculaire réussite d’équipe.

Les six autres comédiens s’acquittent fort bien de leur rôle respectif, bien qu’ils jouent de manière qui me semble quelque peu inégale. Cette impression provient peut-être du fait que le scénario se concentre particulièrement sur les élucubrations de Pierre et de ses deux farfelus frangins, au détriment – relatif – des autres personnages. Je lève mon chapeau aux performances d’Évelyne Rompré, d’Isabelle Drainville, d’Ann-Catherine Choquette, de Normand Carrière et d’Hugo Giroux dans des rôles secondaires où ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

À mon humble avis, qui ne fait certes pas autorité et qui n’engage que moi, le policier, joué par Stéphane Jacques, se distingue particulièrement. Il détonne même par son imperturbable sérieux, probablement voulu ainsi pour accentuer le contraste entre lui et ses interlocuteurs hilarants. Il m’a semblé légèrement mal à l’aise dans son rôle qui le ramène régulièrement sur scène et où il débite son texte tout en faisant grande économie de sa gestuelle et de ses déplacements. La mise en scène de son personnage me paraît être trop statique. J’aurais aimé que ce dernier ait un texte régulièrement émaillé de quelques lignes franchement humoristiques.

Exception faite de ma subjective petite réserve concernant le policier, je n’ai que félicitations à adresser au génial Alain Zouvi qui signe ici une autre magistrale mise en scène, dont le dynamisme sert admirablement bien le propos de la pièce. Et les Productions Yves Nicol peuvent s’enorgueillir d’avoir élaboré un décor tape-à-l’œil aussi coloré que fonctionnel.

En résumé, il s’agit là du théâtre d’été à son meilleur. C’est l’exemple parfait d’un pur divertissement sans autre prétention que de faire passer un inoubliable bon moment aux spectateurs. C’est donc mission accomplie pour les Productions Ménage à Trois, en collaboration avec le Théâtre du Vieux-Terrebonne.

La fin de la représentation a été accueillie par une ovation debout, amplement méritée, et une interminable salve d’applaudissements provenant d’un public ravi et conquis.


Faites-vous plaisir en assistant à cette comédie hilarante qui sera à l’affiche jusqu’au jeudi 30 août prochain, si des représentations supplémentaires ne viennent pas s’ajouter en cours de route. Vous pouvez en consulter le calendrier et même vous procurer des billets en accédant au site internet du Théâtre du Vieux-Terrebonne, ici.