« Dans la brume » laisse ses spectateurs embrumés
« Dans la brume » laisse ses spectateurs embrumés

Publié par Clara Bich le Mer. 1 août 2018 à 16h20 - Contenu original
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Dans la brume de Daniel Roby commence avec de très bonnes prémices : Mathieu et Anna ont une fille, Sarah, enfermée dans une bulle stérile parce qu'elle est atteinte d'une maladie rare. Suite à une catastrophe naturelle, les rues de Paris deviennent embrumées d’une fumée mortelle. Le couple tente de survivre à la brume en laissant leur fille dans sa bulle. Avec l’absence d’électricité, la batterie de la bulle de Sarah doit être changée toutes les 10 heures ; comment vont-ils faire pour survivre ? Avec Romain Duris et Olga Kurylenko en rôles principaux, Dans la brume se veut un film de survie et une course contre la montre à la française qui semble disposer de tous les ingrédients pour aboutir à une très bonne recette.


Dans la brume part avec un super concept et des images incroyables d’un Paris embrumé. Digne d’un rêve, ce film réinvente Paris, la ville parfaite pour jouer avec la mise en scène de ses toits. Esthétiquement, cela fonctionne. Malheureusement, c'est au scénario que cela coince un peu plus. Avec un début de film pourtant très énergique, l’intrigue stagne au bout du premier tiers. Le couple, Mathieu et Anna, va devoir faire des expéditions dans les rues de Paris pour trouver de quoi survivre : batteries pour la bulle de leur fille, combinaisons de protection, bouteilles d’oxygène. Ces parents capables de dépasser toute moralité pour la survie de leur fille n’arrivent pas à convaincre, même au bout d’une heure et demie.

Le principe est bon, mais le scénario et les acteurs ne suivent pas. Olga Kurylenko en mère dévouée, un peu trop d’ailleurs, et Romain Duris en père « optimiste à la con qui ne doute de rien » ont du mal à paraître crédibles. Pourtant, ils sont tous deux connus à l’international : Romain Duris pour des prestations exceptionnelles à la fois au cinéma comme au théâtre, et Olga Kurylenko, ayant tourné avec des grands noms comme Terrence Malick, Tom Cruise ou Vincent Cassel, aussi connue pour son rôle de James Bond Girl. Néanmoins, à travers Dans la brume, ils livrent des performances décevantes, peu captivantes et ne semblent pas à l’aise avec leurs personnages.

Pour survivre à la fumée, Mathieu et Anna se réfugient au dernier étage de leur immeuble, dans l’appartement d’un couple de septuagénaires : Lucien et Colette. Ces personnages secondaires sont quant à eux très sympathiques malgré une représentation un peu clichée du troisième âge : maladie d’Alzheimer, souvenirs de guerre… Quelques séquences, plus émotives que d’autres, sont malheureusement gâchées par une musique très présente qui vient augmenter de façon exponentielle le pathos du film. Avec toutes ces fausses notes, Daniel Roby ne semble pas avoir trouvé la bonne recette pour réussir ce « film de survie ».

Certains éléments restent aussi sans réponse : bien que la brume tue la population, au fur et à mesure du film nous découvrons que certains animaux y survivent. À la manière de Word War Z où les personnages malades résistaient aux zombies, ici, Daniel Roby laisse ses spectateurs sans explication face à ces rescapés de la brume mortelle. Enfin, le twist final est clairement exagéré. N’expliquant rien sur la situation climatique, ce parti pris narratif est démesuré et décrédibilise encore plus l’intérêt du film.


Présenté en ouverture du festival Fantasia de cette année, Dans la brume sortira ensuite en salle le 3 août. Hormis un concept intéressant et quelques séquences très esthétiques, ce film d’action « à l’américaine » prouve une fois de plus qu’il y a un problème dans le cinéma français de science-fiction. Dans la brume commence sur des chapeaux de roues mais ne décolle pas. Dommage. Il nous donne juste le goût de revoir Peut-Être de Cédric Klapisch avec Romain Duris et Jean-Paul Belmondo où la brume est remplacée par une invasion de sable.