Poésie du quotidien: New York
Poésie du quotidien: New York

Publié par Charles Moquin le Ven. 12 octobre 2018 à 23h00 - Contenu original
Bill Cosby, New York, Poésie du quotidien


La série de textes Poésie du quotidien présente des sujets prosaïques avec une teinte poétique.



Ces jours-ci, je ne fais que cirer mes souliers. C’est presque devenu un mantra malgré l’odeur du cirage que je n’aime pas. Je dois sûrement appréhender l'hiver. D'ailleurs, lorsque j’ai découvert New York, j’étais intrigué par le rituel des cireurs de chaussures sur Broadway. Pas tant par le cireur lui-même, que par le client. J’essayais toujours de déceler le pauvre parmi les riches; le blanc asservi, qui enfin pouvait monter sur le trône durant 5 minutes. Et j'interprétais comme une trahison, un noir faisant cirer ses souliers par un noir. En fait, je trouvais que c’était une invention de plus pour humilier davantage une catégorie de citoyens. Je ne voyais pas d’autres raisons, à quelques exceptions près, d’aller faire cirer ses souliers que pour le plaisir d’avoir un être humain à ses pieds. La seule justice que j’y voyais, c’était que la chaise sur laquelle s’assoyait le client, ressemblait souvent à une « chaise électrique » .

Je vous parle de tout cela, car je trouve que Bill Cosby a une tête de cireur de souliers. Concernant sa condamnation, je lui aurais imposé une amende équivalente à la moitié de sa fortune (400 millions de dollars) qui aurait été subséquemment distribuée à des organismes qui luttent contre la violence faite aux femmes. Ce qui n'aurait pas laissé en reste ses héritiers. Quant à lui, il est trop vieux pour être réhabilité. Presque aveugle, il n’est plus un danger pour la société. Je l’aurais donc laissé terminer ses jours avec sa famille et ses démons.