Soirée d'ouverture de la 47e édition du FNC | If Beale Street Could Talk de Barry Jenkins fascine
Soirée d'ouverture de la 47e édition du FNC | If Beale Street Could Talk de Barry Jenkins fascine

Publié par Clara Bich le Mer. 10 octobre 2018 à 14h25 - Contenu original
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Crédit photos: Page Facebook de If Beale Street Could Talk

Ce mercredi 3 octobre 2018 s’ouvrait le 47e Festival du Nouveau Cinéma (FNC). Avec un petit peu de retard, il nous semblait important de revenir sur l’événement! Après plusieurs beaux discours, le nouveau film de Barry Jenkins If Beale Street Could Talk était présenté en grande première. Ce drame qui sortira le 25 novembre 2018 sur nos écrans québécois saura vous rendre bouche bée par « son lyrisme et son élégance », comme le précisent si bien les programmateurs du festival.


Une fois au Théâtre Maisonneuve, la cérémonie d’ouverture a mis en avant de nombreuses personnalités. Notons la mairesse de Montréal Valérie Plante qui a rappelé que le FNC est « un festival qui se démarque année après année », et que cette 47e édition est très spéciale « à l’image de la diversité et de l’ouverture sur le monde ». Christa Dickenson, directrice générale de Téléfilm Canada a, quant à elle, précisé que « cette année, le FNC mettait en avant des films réalisés par des femmes et des autochtones ».

Barry Jenkins, réalisateur mis à l’honneur lors de cette cérémonie d’ouverture, était absent. Il a néanmoins tenu à envoyer une vidéo de remerciements qui a été très appréciée par le public. Pierre Karl Peladeau (fils du fondateur de Québecor, partenaire du FNC), Patrick Roy (coprésident monde, films & président Les Films Séville) et Nicolas Girard Deltruc (directeur général du FNC) étaient également présents dans la salle, de même que les actrices Monia Chokri et Virginie Ranger-Beauregard.

Après les différents discours, le film de Jenkins était lancé. Que vous ayez apprécié ou non son précédent film Moonlight, If Beale Street Could Talk est un chef-d’œuvre qui saura vous émouvoir. Cette adaptation du roman éponyme de James Baldwin – un écrivain américain du XXe siècle – retrace l’histoire de Tish, une jeune adolescente de 19 ans qui vit sa première histoire d’amour avec son ami d’enfance, Lorenzo alias « Fonny ». Alors qu’elle tombe enceinte de Fonny, celui-ci se retrouve derrière les barreaux. If Beale Street Could Talk représente à la fois le combat acharné d’une famille pour sortir Fonny de prison et la relation amoureuse du couple à travers leur époque, leur quartier, leurs familles et le milieu carcéral.

Les acteurs sont remarquables. Tish, interprétée par Kiki Layne, crève l’écran de beauté et de justesse dans ses expressions et ses sentiments. Stephan James dans le rôle de Fonny est également à la hauteur. Les parents de Tish, interprétés par Colman Domingo et Regina King sont hypnotisants par leur franchise et leur amour. On notera également la présence de Dave Franco qui a un rôle dans la gérance immobilière d’un quartier de New-York mais aussi de Finn Wittrock, connu pour ses apparitions dans différentes séries télévisées dont American Horror Story, qui incarne ici un avocat perspicace et compétent. Bref, un casting 5 étoiles.

La direction photographique du film est tout aussi impressionnante que ses acteurs. L’emploi d’un triptyque de teintes allant du bleu au jaune puis au vert, immerge dans l’univers dès le premier plan où le bleu et le jaune symbolisent le couple face à l’emploi du vert qui démontre la solitude de Tish. Il ressort du travail du chef-opérateur, des directeurs artistiques et de la costumière, une délicatesse sans précédent depuis plusieurs années.

Également, l’emploi des codes cinématographiques subjugue tout au long du film. Du traitement de la voix-off, à l’utilisation de photos d’archives en passant par des split-screen (écran divisé) et des ralentis : les codes techniques sont admirablement utilisés.

La narration est également sans faute. Différents passés et le présent se mêlent dans les trois parties du film avec, comme chef d’orchestre, Tish. En tant que narratrice principale, les images suivent ses pensées et viennent illustrer ses souvenirs. Une joute verbale s’installera entre Fonny et Tish pour que celui-ci puisse avoir accès à la voix-off, ce qui arrivera à un moment précis et bien pensé. Ce procédé prouve, encore une fois, la maîtrise de Barry Jenkins pour son art.


If Beale Street Could Talk nous a impressionnés par sa beauté, sa justesse, sa franchise et sa poésie. Il s'agit clairement de l’un des meilleurs films de 2018, jusqu'à présent! Cette cérémonie d’ouverture du FNC nous a promis, encore une fois, une très belle programmation pour cette 47e édition et nous a laissés à fleur de peau avec ce film d’ouverture où Berry Jenkins marque un sans-faute. Précipitez-vous en salle de cinéma à partir du 25 novembre pour le voir !