« Je vous écoute » | Étirer l’été trop longtemps
« Je vous écoute » | Étirer l’été trop longtemps

Publié par Judith Bonnard le Ven. 5 octobre 2018 à 17h00 - Contenu original
Théâtre, Bénabar, Je vous écoute, Marc-André Coallier, Mario Jean, Suggestions de sortie, Théâtre d'été, Université de Sherbrooke


Il y aura toujours du public pour le théâtre d’été, et c’est tant mieux. Le public doit savoir rire léger; les comédiens doivent avoir des occasions de faire un peu les pitres sur scène. On ne peut pas vivre que de Rostand, Corneille et Molière. Quoi que…


La pièce Je vous écoute, jouée le 3 octobre dernier à la salle Maurice O’Bready de l’Université de Sherbrooke, est produite par le Théâtre La Marjolaine et Encore Spectacle. Un public averti sait donc qu’il s’en va voir de l’humour.

Je vous écoute met en avant Marc-André Coallier, Mario Jean, France Parent et Luc Boucher. La pièce est mise en scène par Bernard Fortin et les textes, adaptés de Mario Jean, sont de Bénabar et Héctor Cabello Reyes. Bref, une solide distribution qui pique la curiosité.

D’ailleurs, la salle était bien remplie et le public s’est beaucoup amusé. Moi? Non.


Un grand nom ne fait pas tout

Marc-André Coallier, qui gardera toujours son charme de 100 watts, a déjà montré qu’il sait surprendre sur scène, entre autres dans Les dix petits nègres d’Agatha Christie, mis en scène par Michèle Deslauriers. Pourtant, dans Je vous écoute, il interprète un psychologue pas très engagé, un peu monochrome même, pas très amoureux alors que le personnage devrait être attiré par sa patiente. Le meilleur moment, qui aurait pu durer, c’est lorsque son psychologue se découvre des points communs avec celui qui le tient en otage, joué par Mario Jean.

Mario Jean, lui, m’a agréablement surprise. Il maîtrise son texte, qu’il a bien adapté; son sens du punch de stand-up comique joue en sa faveur et son aisance sur scène est très valable. C’est d’ailleurs à lui que je dois mes deux seuls rires de la soirée. Mais c’était des rires francs. J’aime ses rimes…

Parlons du texte. L’idée d’aller voir une pièce de Bénabar, cet auteur-compositeur-interprète français, me séduisait. Il a l’absurde et l’humour que j’étais prête à recevoir de cette pièce. Et mes attentes étaient élevées. Celui qui sait ne pas se prendre au sérieux, qui enchaîne les rimes avec délicatesse dans « Feu de joie » : « Chagrins follets, crépitent au ciel, Remords stériles, enfumés », m’a malheureusement laissé froide avec un texte prévisible et sans réels rebondissements.

On le sait pourtant, une bonne distribution ne suffit pas toujours à faire une bonne production. Mais je suis radicale. Ne perdons pas de vue que les rires autour de moi et dans la salle ont fusé, et que le public en général a passé une agréable soirée.


Sur la route

L’aventure de Je vous écoute est loin d’être terminée. La troupe tournera partout au Québec, tout au long de l’automne, jusqu’en décembre. Vous avez donc l’opportunité de vous faire votre propre idée.

Notons tout de même, parmi les moments amusants du spectacle, les circonvolutions de France Parent et ses leçons d’anatomie animale, et le trouble de persécution de Luc Boucher.

Je garderai cependant un goût doux-amer de ce théâtre d’été qui empiète un peu trop sur la saison froide. J’aurais aimé être réchauffée par des textes, drôles certes, mais un peu plus denses.


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