La réalité virtuelle s’invite au cinéma du Centre Phi
La réalité virtuelle s’invite au cinéma du Centre Phi

Publié par Ségolène Marcel le Jeu. 22 novembre 2018 à 15h45 - Contenu original
Exposition, Alteration, Centre Phi, Cinéma VR, Half Life, I Saw the Future, I, Philip, L'Homme et la machine, L'île des morts, Notes on Blindness: Into Darkness, Rêves de mondes, Suggestions de sortie

Crédit photos: Centre Phi

Quoi de mieux pour oublier la neige qui tombe et un début d'hiver un peu précoce , que d’aller s’installer dans l’un des très confortables fauteuils du Centre Phi pour profiter des deux séries de projection de réalité virtuelle? Ne manquez pas votre chance, cet événement est proposé jusqu’au 15 décembre!


La première série de projection s’articule autour de L'homme et la machine avec trois films, un programme venant de ARTE 360VR en partenariat avec l’Institut français, à l’occasion de l’évènement Novembre numérique:


I Saw the Future, réalisé par François Vautier et produit par Da Prod
Dans ce court-métrage de cinq minutes, l’artiste reprend un discours datant de 1964 de Arthur C. Clarke, auteur britannique, qui parle aux médias de sa vision du futur basée sur les croyances de l’époque et l’avancée des technologies à ce moment-là.
Le discours est illustré sur fond de représentation matricielle et de science-fiction, rappelant quelque peu la Matrix. L’orateur, dont le visage est souvent matérialisé à l’aide de pixels géants, nous expose de façon relativement juste les chamboulements de la société impliqués par les progrès technologiques et les nouvelles communications, notamment dans l’évolution des relations. Le concept d’Internet existe déjà en 1964, même si le réseau alors nommé Arpa en est à ses balbutiements et qu’il est principalement réservé aux militaires: loin, très loin encore de la révolution informatique, de la démocratisation et de l’accès à tous aux nouvelles technologies de l’information qui auront lieu près de 30 ans plus tard!


I, Philip, réalisé par Pierre Zandrowicz, produit par Antoine Cayrol, Okio-Studio, ARTE France, en association avec Saint-George Studio et Headspace Studio
L’histoire se déroule en 2015, lorsqu’un ingénieur finalise la création du premier Androïd humain qui serait en fait la copie robotique de l’auteur Philip K. Dick mort 23 ans auparavant.
Le film aborde le thème de l’intelligence artificielle, à base de milliers de lignes de code écrites par l’inventeur, mais aussi des possibles conséquences d’utiliser la copie robotique d’un humain… Le cerveau est encore un organe mystérieux, dont les méandres et les mécanismes sont loin d’être maîtrisés par les scientifiques. La frontière entre le code implanté et les souvenirs issus du modèle copié est très fine, voire perméable, un peu comme cela fut déjà exploré dans le film RoboCop dès la version originale de 1987.
L’artiste nous interpelle également sur l’éthique de ce procédé de copie robotique. Les chercheurs ne sont-ils pas en train d’ouvrir la boîte de Pandore en créant une intelligence artificielle tenue en laisse, capable de penser mais sans libre arbitre, et surtout sans liberté aucune? Car l’invention reste possession de ses créateurs, et la copie a tout sauf la liberté du modèle.


Notes on Blindness: Into Darkness, réalisé par Arnaud Colinart, Amaury La Burthe, Peter Middleton and James Spinney, produit par Ex Nihilo, ARTE et Audiogaming
Dans le dernier court-métrage de la série, le spectateur est invité à se plonger de façon poétique dans le monde sans lumière des aveugles, à travers le récit « audio-biographique » de John Hull qui perdit progressivement la vue des suites d’une maladie en 1983.
Dans son journal, il consigna l’évolution du phénomène: la perte d’un sens éveille les autres. Le monde de l’obscurité est en fait particulièrement bruyant et il faut identifier chaque séquence de son pour être en mesure de se représenter mentalement ce qui nous entoure. Car le son est le résultat d’une activité, en opposition donc avec le silence.



La seconde série de projection, intitulé Rêves de mondes, est une sélection conjointe du Centre Phi et de Michel Reilhac, artiste et commissaire pour Venice VR, le volet dédié à la réalité virtuelle de la Mostra de Venise, le célèbre festival de film nord-italien.



L’île des morts, réalisé par Benjamin Nuel, produit par Oriane Hurard, LES PRODUITS FRAIS et Arte France
L’artiste nous emmène en voyage, ou plutôt en direction de notre dernier voyage, celui que l’on est tous amenés à faire un jour. On est donc transportés aux côtés de Charron, le guide des enfers de la mythologie grecque issue de la série de cinq tableaux d’Arnold Böcklin. L’artiste nous fait doucement dériver sur cet océan, vers cette île que l'on atteint au coucher de soleil et d’où la vie ne revient pas, lentement mais sûrement, en prenant le temps de décrire tout ce que l’on voit; comme pour s’accorder une dernière contemplation de la vie, bercé par les vagues avant de fendre l’écume et de toucher la rive qui marque la fin du voyage.
On touche à une approche très poétique où le spectateur se trouve tour à tour au-dessus, dans la barque et à nouveau spectateur de la scène, un peu comme une expérience de mort imminente.


Alteration, réalisé par Jérôme Blanquet, produit par Okio-Studio, ARTE France et Saint George Studio avec la participation du CNC
Dans ce court-métrage de 18 min, le spectateur suit Alexandro qui participe à une étude sur les rêves. Comment marche notre mémoire? Nos souvenirs? C’est ce qu’Elsa, une forme d’intelligence artificielle, cherche à comprendre en faisant ressurgir les moments les plus forts de la vie du jeune homme pour comprendre et disséquer le fonctionnement du cerveau. Mais celui-ci est un organe complexe et encore bien méconnu des chercheurs, comme notamment ses mécanismes de défense qui s’activent et s’affirment suivant les stimulus subis.



Half Life, réalisé par Robert Connor et Robert Jonsson, produit par Robert & Robert Studios et le Royal Swedish Opera
Pour ce dernier film, je vous invite à consulter le résumé du film sur le site du centre Phi, à cause d'un petit souci technique auquel l'équipe a été confronté; ce qui est malheureusement possible, notamment lors du premier jour d’une exposition reposant sur la technologie... et surtout après le départ du technicien!
On a bien essayé tous les autres casques, mais rien à faire! Dommage que la gentillesse du personnel ne suffise pas à résoudre les problèmes techniques!


Pour toutes les informations sur les films, les horaires et les tarifs de ces projections, voici le lien.