Olivier Gourmet | De Cyrano de Bergerac à Philippe d’Orléans: des rôles historiques au cinéma
Olivier Gourmet | De Cyrano de Bergerac à Philippe d’Orléans: des rôles historiques au cinéma

Publié par Clara Bich le Ven. 30 novembre 2018 à 15h55 - Contenu original
Cinéma, Alexis Michalik, Antoine Russbach, cinéma indépendant, Cinemania, Edmond, Entrevue, Festival, L'échange des princesses, Marc Duguain, Pierre Schoeller, Suggestions de sorties, Un peuple et son roi

Crédit photos: Page Facebook d'Olivier Gourmet

Invité d’honneur au festival Cinemania en novembre 2018 à Montréal, Olivier Gourmet est un acteur belge connu internationalement. Après avoir joué sous la direction des frères Dardenne, Michael Haneke, Costa-Gavras, Roschdy Zem ou encore Bertrand Tavernier, il a également été dirigé par le québécois Philippe Falardeau dans le film Congorama sorti en 2006. Cette année, pas moins de quatre films où il joue des personnages principaux et secondaires seront à l’affiche. Olivier Gourmet nous a accordé une entrevue pour évoquer les moments forts de sa carrière, mais aussi parler de ses prochains films!


Après avoir fait 10 ans de théâtre au Conservatoire de Liège en Belgique, Olivier Gourmet a été révélé au cinéma par les frères Dardenne dans La promesse sorti en 1996. Étonné par son début de carrière, Oliver Gourmet nous confie : « Je n’ai jamais eu de plans de carrière, je n’ai jamais voulu devenir une vedette et partir à Paris pour décrocher des rôles au cinéma. Moi, mon truc, c’est de jouer ! » Avec plus de 100 films en moins de 20 ans, Olivier Gourmet s'est ainsi fait une place importante dans le cinéma indépendant francophone. En témoignent les rôles de choix qu'il a obtenus dans deux longs-métrages prochainement à l'affiche:

  • L’échange des princesses de Marc Duguain sera à l’affiche le 7 décembre prochain partout au Québec. Olivier Gourmet y incarne le personnage de Philippe d’Orléans – régent du royaume de France – qui se rend compte qu’un « échange de princesses » permettrait de consolider la paix avec l’Espagne, après des années de guerre et de batailles entre pays voisins. Pour cela, il décide de marier Louis XV (11 ans et bientôt roi) à Anna Maria Victoria (4 ans et infante d’Espagne). En contrepartie, sa fille Louise-Élisabeth d’Orléans épousera l’héritier du trône d’Espagne. Ce film, très intéressant par son contexte historique, met aussi en scène une poignée de jeunes acteurs très talentueux!
  • Dans Un peuple et son roi de Pierre Schoeller, cette fois-ci Olivier Gourmet incarne un protagoniste plongé au coeur de la Révolution française. L'acteur tient à préciser que sa manière de choisir ses rôles n'est (étonnement) pas forcément liée à des considérations de contexte historique: « Je n’ai aucune volonté de traverser les époques. Dans L’échange des princesses, c’est le scénario qui m’a attiré, ce que ça raconte. Pour Un peuple et son roi, mon personnage est l’un des représentants du peuple français. Souvent, on parle de la Révolution française et des grands personnages qui l’ont intellectuellement menée, mais ici j’étais justement attiré par le fait de me positionner du côté du peuple. »

En plus de ces deux films historiques, Olivier Gourmet sera à l’affiche d’Edmond, film de clôture de Cinemania. Cette adaptation cinématographique de la pièce de théâtre éponyme d’Alexis Michalik retrace l’histoire d’Edmond Rostand pendant la création de Cyrano de Bergerac. Olivier Gourmet y joue Constant Coquelin qui interprète Cyrano de Bergerac. Avec cette mise en abyme d’interprétations, il nous parle de ce rôle étonnant et délicat : « C’est le premier grand rôle de comédie qu’on me propose. Jouer Cyrano de Bergerac, c’est un vieux rêve de comédien! Ici, c’est le jeu dans le jeu, je devais jouer Cyrano de Bergerac comme Constant Coquelin l’avait joué à l’époque, c’est-à-dire de manière un peu plus théâtrale et caricaturale que je ne l’aurais fait. C’était savoureux à faire! »

Quand on l'interroge sur son souhait éventuel de revenir sur les planches d'un théâtre, Olivier nous répond: « Ça fait plusieurs années que je n’ai plus joué au théâtre et ça ne me manque pas tant que ça! Au théâtre, j’aimais être confronté à un auteur, un univers, un metteur en scène. J’aimais les répétitions davantage que les représentations. J’avais beaucoup plus de plaisir au moment de la création où l’on cherchait, répétait et se trompait. » C’est finalement au cinéma qu’Olivier Gourmet s’est épanoui, dans ce « processus de travail sans relâche jusqu’à ce que la scène convienne au réalisateur », dit-il. Alors qu’Edmond d’Alexis Michalik sera à l’affiche le 8 février 2019 partout au Québec, Olivier Gourmet se confie sur l’ambiance du tournage: « Alexis [Michalik] est un gros bosseur avec une super énergie, et j’adore travailler avec ce genre de personnes! Avec la pièce de théâtre qu’il a faite en amont, il était très préparé pour le film et il nous a dirigés comme si nous étions une troupe! Il a réussi à créer une osmose entre nous. »

Finalement, Olivier Gourmet est un acteur guidé par l’émotion, de ses choix de rôles à ses interprétations finales. Il nous explique: « Je choisis toujours un scénario en fonction de l’émotion que j’ai ressentie à sa lecture et les scénarios qui m’émeuvent sont dans la veine du cinéma indépendant. Les personnages qui ont un écho sur notre société d’aujourd’hui et auxquels je peux m’identifier me touchent davantage. »


En attendant de le voir l’an prochain dans le nouveau film de Polanski J’accuse, qui se concentrera sur l’affaire Dreyfus en France, n’hésitez pas à vous rendre en salle pour y voir L’échange des princesses à partir du 7 décembre 2018, Edmond à partir du 8 février 2019 et Un peuple et son roi qui sortira au printemps! Le talent, la justesse de jeu et la polyvalence d’Olivier Gourmet vous réserveront toujours de bonnes surprises cinématographiques! On vous laisse avec la vidéo promotionnelle de son prochain film.