Poésie du quotidien: «dans le moment»
Poésie du quotidien: «dans le moment»

Publié par Charles Moquin le Dim. 9 décembre 2018 à 10h00 - Contenu original
Poésie du quotidien


La série de textes Poésie du quotidien présente des sujets prosaïques avec une teinte poétique.



Un soir en rentrant du travail, Johanne cherchait en français le synonyme d’un mot anglais, dont elle ne connaissait pas le sens . Elle réalisa, qu’elle ne savait pas davantage la signification des neuf synonymes proposés, dans sa langue maternelle. Le « néoparler » lui avait insidieusement bouffé une partie de sa langue et de sa pensée.
Johanne devint une espèce d’androïde au service de l’état, jusqu’au jour où une faction, refusant la limitation du «néoparler» et qui ne communiquait que par le langage des signes, l’enrôla. Ensemble, ils fomentèrent un coup d’État qui rata. Comme c’était leur premier délit, on les condamna à l’amputation d’un seul bras.
Afin de résister, ils se mirent en couple, ce qui leur redonna deux bras, et purent ainsi échanger de nouveau leur pensée. Du coup, par ricochet, cette proximité leur fit faire de nombreux enfants, qui quelque temps après, réussirent la révolution.
Et c’est alors que Montréal devint la première ville au monde à avoir comme langue officielle « le langage des signes » . Et chaque année, lors d’un grand concert silencieux sur le Mont Royal, dirigé par le maestro Yannick Nézet Séguin, tous les citoyens se réunissent dans l’harmonie et heureux d’être «dans le moment».