Balade dominicale | Quand l’art de conter fait fi de la nature
Balade dominicale | Quand l’art de conter fait fi de la nature

Publié par Marie-Ève Boisvert le Mar. 22 janvier 2019 à 18h30 - Contenu original
Conte, Activité hivernale, Art oratoire, Balade dominicale, Conteurs, Dimanches du Conte, Le Jockey, Productions du Diable Vert, Suggestions de sorties

Crédit photos: Page Facebook les Dimanches du conte

La chronique des balades dominicales se poursuit cet hiver, et je vous propose cette semaine une virée nocturne dans Villeray pour une soirée aux Dimanches du conte. Situé au bar Le Jockey sur la rue Saint-Zotique, l'événement continue de réunir un public fidèle et régulier. Lors de la soirée du 20 janvier, un certain nombre d'improbabilités ont su se transformer en d’agréables surprises...


... car, pour ceux qui vivraient en autarcie, le Québec goûtait hier à sa première vraie tempête de l’hiver, et qui dit tempête dit conditions routières difficiles! Le conteur attendu pour palabrer au Jockey ce soir-là a, tant bien que mal, tenté de traverser la mythique autoroute 20 reliant Québec à Montréal pour finalement rebrousser chemin. Les Dimanches du conte se sont donc retrouvés sans conteur, une première en pas moins de 21 saisons!

Il n’en fallait pas plus pour que les deux animateurs, Francis Désilets et Jean-Marc Cassie, s’emparent de cet événement légendaire pour embrasser le dicton « The show must go on », en enfilant leurs habits de conteurs pour l'occasion. Assistant aux Dimanches du conte hier pour la première fois, quelle ne fut pas ma surprise d’être accueillie à la porte avec, d’abord, cette mise à jour... mais, aussi, avec l’entrée gratuite et une consommation incluse, petit cadeau offert par la maison aux vingt premiers spectateurs dont la résilience et la résistance à la froidure étaient ainsi soulignées! J’en témoigne, il est vrai que « c’était pas chaud pour la pompe à l’eau » dans les rues de la métropole hier.

Portefeuille intact et bière à la main donc, je m’apprêtais à infiltrer ces soirées qui représentent un des jalons de l’univers du conte québécois. Fortes de plus de vingt années de rodage, elles se déroulent maintenant au Jockey après avoir occupé le Sergent Recruteur pendant une dizaine d’années, puis le Cabaret du Roy. Ces veillées, qui ont vu passer nombre de conteurs aux histoires colorées toutes plus éclectiques les unes que les autres, sont maintenant bien connues et accueillent le plus souvent des habitués. Par la force des choses sûrement, car bien peu de gens résistent à une soirée où les mots parviennent à créer des histoires par-delà l’imaginaire, bien loin de quotidiens souvent ponctués d’un trop-plein d’écrans et d’engagements. Et les nouveaux reviennent prendre place sur ces chaises semaine après semaine, ces chaises qu’on entendrait craquer lors des contes, le public étant particulièrement attentif aux « parlures » des conteurs qui s’animent sur la petite scène.

Pour cette soirée post-tempête, l’auditoire a pu donc pu découvrir quatre récits contés par nos animateurs-conteurs, qui ont su profiter de ce contexte improvisé pour nous inviter dans l'univers du conte à leur façon! Les deux premières histoires présentées permettaient au public de se replonger dans la joie – ou pas – des traditions hivernales bien de chez nous : acquisition de LA souffleuse Toro de l’année pour épater le voisinage, construction de fort de neige façon trentenaire – parce que La Guerre des tuques, c’est pas rien que pour les enfants – et autres détails givrés abracadabrants. Pour la suite, on a pu mieux explorer l’univers de Désilets, marqué par des histoires d’antan portées par sa voix caverneuse, et celui de Cassie, présentant des souvenirs d’enfance à la frontière de l’extraordinaire, en plus de deux autres contes qui sont venus clore la soirée.

L’offre a donc été variée, et il en va de même pour l’ensemble de la programmation des Dimanches du conte pour la saison 2019. On y retrouve tout aussi bien une soirée axée sur la poésie qu’une prestation burlesque, mais surtout, une multitude d’invités dont l’œuvre s’inspire de toute la richesse de leurs cultures et de leurs parcours respectifs. Les Productions du Diable Vert embrassent puis nous présentent l’ensemble de l’offre créatrice que représente l’art oratoire. Ce dernier, depuis quelques années, effectue un retour marqué au Québec en allant piger son inspiration dans les terroirs ruraux urbains d’ici et d’ailleurs. En ce sens, l'événement pourrait faire office d’excellent avocat de l’immigration!


Pour votre dose dominicale de tradition orale, d’histoires sans queue ni tête et de récits chaleureux, les Dimanches du conte s’affichent comme le rendez-vous incontournable des amateurs de mots, question d’étirer la fin de semaine jusqu’à la toute dernière lueur du soir. Restez à l’affût des offres spéciales atuvu.ca pour cet événement hebdomadaire ici!

Les Dimanches du conte ont lieu tous les dimanches à 19 h 30 au Jockey, situé au 1309, rue Saint-Zotique Est à Montréal.