La Symphonie fantastique à l’orgue | L’OSM présentait un spectacle extraordinaire
La Symphonie fantastique à l’orgue | L’OSM présentait un spectacle extraordinaire

Publié par Daniel Raymond le Lun. 4 février 2019 à 15h40 - Contenu original
Musique, Hector Berlioz, Isabelle Demers, Maison Symphonique, Musique classique, Orchestre symphonique de Montréal, Orgue, Symphonie fantastique

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Le 31 janvier, par un jeudi soir des plus frisquets, la Maison symphonique de la Place des Arts accueillait l’organiste Isabelle Demers dans un programme pour orgue solo. Un spectacle qui a réchauffé la salle, fait trembler l’immeuble et nous en a mis plein les oreilles…


Dans ma jeunesse, j’ai longtemps considéré que l’orgue était un instrument des plus ennuyants et qu’il était beaucoup trop identifié à la sphère religieuse. Eh oui! J’ai déjà été jeune et mes goûts musicaux d’alors étaient en pleine ébullition, rivalisant constamment entre eux pour monopoliser mon intérêt.

Vers la fin de mon adolescence, c’est la musique classique qui a triomphé et l’orgue a ainsi regagné ses lettres de noblesse et renouvelé son image, à mes yeux et à mes oreilles. J’ai depuis longtemps reconnu sa suprême beauté et son incomparable versatilité, qu’Isabelle Demers a d’ailleurs su mettre si éloquemment en évidence lors de ce spectacle.

Le récital a débuté avec les Variations de concert, op. 1 (9 min) de Joseph Bonnet (1884-1944), pour se poursuivre avec les quatre œuvres suivantes :

  • Symphonie pour orgue, no 9, op. 70, « Gothique » : « Andate sostenuto » de Charles-Marie Widor (1844-1937)
  • Douze pièces pour grand orgue, op. 7, no 11 ; « Elfes » de Joseph Bonnet
  • Symphonie no 4, op. 32 : « Romance » de Louis Vierne (1870-1937)
  • Symphonie pour orgue, op. 5 : « Intermezzo » et « Finale » d’Augustin Barié (1883-1915)

Ces pièces ont été exécutées par une virtuose en pleine possession de ses moyens. Elles ne m’ont pas pour autant emballé, ni convaincu de me les procurer sur CD. Elles ont cependant eu le grand mérite d’être divertissantes et contrastées, à défaut d’être mémorables et d’engendrer des vers d’oreille. Elles ont très certainement mis en valeur la grande versatilité de l’organiste, en plus de démontrer les étonnantes capacités de cet imposant instrument qui compte, rappelons-le, 83 jeux et 6 489 tuyaux, répartis sur quatre claviers et pédalier.

Cette première partie du programme a été une montée toute en douceur, en nuances et en couleurs vers l’apothéose que nous réservait la seconde partie avec la Symphonie fantastique, op. 14 (arr. pour orgue), extraits d’Hector Berlioz (1803-1869).

Mme Demers nous a appris que Félix Mendelssohn et Gioacchino Rossini, deux compositeurs célèbres et contemporains de Berlioz, avaient très peu d’estime pour lui parce qu’ils considéraient qu’il était un piètre musicien. Voilà donc la preuve que le chauvinisme, la jalousie ou la condescendance ne sont pas des inventions modernes, et que tout grand compositeur n’a pas nécessairement été reconnu comme tel par ses pairs ou par le public de son époque.

Si « extraordinaire » se définit entre autres par « ce qui sort de l’ordinaire », alors cette version pour orgue solo a effectivement été extraordinaire puisque, d’ordinaire, cette symphonie est une œuvre orchestrale, dont nous devons cette spécifique transcription pour orgue à Isabelle Demers elle-même.

Durant 40 exquises minutes, elle s’est appliquée à soigneusement déballer ce précieux et merveilleux cadeau musical en quatre mouvements convaincants, qui ont achevé de nous charmer, de nous conquérir et de renforcer notre amour du grand orgue.

Si vous désirez revisiter cette œuvre magistrale sous sa forme orchestrale originale, vous pouvez tout simplement suivre ce lien pour en entendre l’interprétation du Chicago Symphony Orchestra.

En suivant cet autre lien, vous verrez Isabelle Demers parler du spectacle:


L’organiste a joué toutes les œuvres au programme, tout ce kaléidoscope de couleurs et de dentelles aériennes, de mémoire, sans le support d’une partition. Sa prestation lui a valu une légitime ovation debout accompagnée de très chaleureux applaudissements.

En rappel, Isabelle nous a offert les surprenantes Variations pour pédales solo, dont je n’ai malheureusement pas saisi le nom du compositeur, exécutées uniquement avec les pieds. Elle nous a ainsi étonnés par son jeu de pieds des plus alertes. Après l’oreille musicale, voici donc les pieds musicaux!

Quoi de mieux que de conclure par un bouquet d’éloges provenant de notes au programme, et que je vous cite avec plaisir : « Grâce à son jeu "éblouissant" (Claude Gingras, La Presse), à sa "virtuosité vivifiante" (Chicago Classical Review) et à son caractère "intrépide" (Amarillo-Globe News), Isabelle Demers captive les critiques et les auditoires des quatre coins du globe. »


Pour en connaître davantage sur cette organiste hors pair et au parcours déjà impressionnant, vous pouvez fréquenter son site internet (en anglais), ici. Pour consultation du calendrier des autres concerts qui se tiendront sous les auspices de l’Orchestre symphonique de Montréal, son site internet n’attend plus que votre visite.