Le « Brillant Tchaïkovski » de l’OM a été… éblouissant!
Le « Brillant Tchaïkovski » de l’OM a été… éblouissant!

Publié par Daniel Raymond le Mar. 5 février 2019 à 19h30 - Contenu original
Musique, Brillant Tchaïkovski, Keri-Lynn Wilson, Maison Symphonique, Musique classique, Orchestre Métropolitain, Tchaïkovski, Zhan Hong Xiao

Crédit photos: Tous droits réservés, Orchestre Métropolitain.

Ce vendredi 1er février, l’Orchestre Métropolitain (OM) a remporté un – autre – franc succès après avoir convié les insatiables amateurs de musique classique romantique à la Maison symphonique. Sous la baguette de la chef d’orchestre Keri-Lynn Wilson, l’ensemble a pu offrir à leur convoitise une soirée mémorable et baignée de lyrisme à la russe.


Tel que nous l’apprenait une note au programme, « Keri-Lynn Wilson est une chef d’orchestre invitée par les plus grands orchestres et maisons d’opéra au monde ». Elle s’enorgueillit d’ailleurs déjà d’une longue liste d’accomplissements!



La première partie du concert a été entièrement consacrée au quasi mythique Concerto pour piano no 1 en trois mouvements de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893). D’une durée de 40 minutes, cette œuvre colossale m’a tellement fasciné que le service de sécurité de la Place des Arts a failli passer un appel d’urgence auprès de l’hypnotiseur Mesmer… pour qu’il vienne me sortir de ma transe. Heureusement que mon épouse qui m’accompagnait a des notions d’hypnose. Tel est le pouvoir d’une musique aussi géniale que planante et captivante!

La portion pianistique de cette œuvre phare de Tchaïkovski a été interprétée de mains de maître par le jeune et prodigieux pianiste Zhan Hong Xiao, lauréat du Grand Prix de la 2e saison de l’émission Virtuose diffusée sur les ondes de Radio-Canada en 2017. Il a magistralement été porté et transporté par un Orchestre Métropolitain au sommet de son art.




Né en Chine en 1999 et immigré au Canada à l’âge de deux ans, il a déjà un parcours impressionnant pour un artiste âgé d’à peine 20 ans. Il nous a éblouis avec son étourdissante dextérité et sa phénoménale maîtrise du piano.

Voici une très intéressante anecdote concernant ce chef-d’œuvre absolu de Tchaïkovski, qui était venu soumettre sa création à son ancien professeur Nikolaï Rubinstein. Tel que relaté dans le programme de la soirée,
« Tchaïkovski raconte : "Courtois et calme au début, Rubinstein devint bientôt une sorte de Jupiter tonnant. Mon concerto n’avait aucune valeur, était injouable; deux ou trois pages, à la rigueur, pouvaient être sauvées; quant au reste, il fallait le mettre au panier ou le refaire d’un bout à l’autre. Je n’y changerai pas une note, répliquai-je, et le ferai graver comme il est". »
Et depuis lors, tous les mélomanes lui ont été fort reconnaissants de ne pas avoir jeté au panier ce « navet » qui, par la suite, a tant et tant été joué et encensé.

Si vous le désirez, vous pouvez revisiter cette œuvre monumentale en suivant simplement ce lien pour écouter la version du non moins doué pianiste Lang Lang et de l’Orchestre de Paris, lors d’une prestation de 2015.




Quant aux 48 minutes de la seconde partie, elles ont été consacrées à la Symphonie no 5 en mi mineur (op. 64), en quatre mouvements. Cet autre chef-d’œuvre de Tchaïkovski se veut être une mise en musique du fatum, que le compositeur définissait ainsi :
« Cette force fatale qui empêche l’aboutissement de l’élan vers le bonheur… qui reste suspendue au-dessus de notre tête comme une épée de Damoclès et empoisonne inexorablement et constamment notre âme. Elle est invincible et nul ne peut la maîtriser… »

C’est une œuvre qui m’a semblé plus sombre, nettement moins joyeuse et éclatante que la précédente, mais néanmoins tout aussi lyrique, impressionnante et majestueuse, en plus d’être éloquemment évocatrice de l’implacable fatum. C’est ainsi que mes oreilles et ma sensibilité l’ont du moins perçue.

L’Orchestre Métropolitain s’est encore une fois surpassé pour nous livrer cette fabuleuse pièce orchestrale avec tout le brio et la virtuosité qu’elle exige et que tous les musiciens démontrent infailliblement, concert après concert.




Pour la découvrir ou vous la remettre en tête, vous pouvez suivre ce lien. L’interprétation est du Russian State Symphony Orchestra et date de 2015.

En fin de première partie, le pianiste Zhan Hong Xiao, l’OM et la chef Keri-Lynn Wilson se sont mérité une ovation debout aussi spontanée que chaleureuse et interminable. En fin de soirée, le public conquis et sous le charme a récidivé et même redoublé d’ardeur pour saluer tous les artisans d’une performance qu’on peut aisément qualifier de triomphale!


Vous pouvez consulter le calendrier des prochains concerts de l’Orchestre Métropolitain, et vous procurer des billets, en accédant par ici à son site internet.