Qw4rtz en supplémentaire à Sherbrooke | Oublier qu’il n’y a que leur voix
Qw4rtz en supplémentaire à Sherbrooke | Oublier qu’il n’y a que leur voix

Publié par Judith Bonnard le Mar. 19 février 2019 à 15h15 - Contenu original
Musique, Chanson francophone, François Dubé, François Pothier Bouchard, Louis Alexandre Beauchemin, Musique pop, Philippe C. Leboeuf, Qw4rtz, Sherbrooke, Suggestions de sorties, Théâtre Granada

Crédit photos: Site de Qw4rtz

Si les quatre chanteurs de Qw4rtz se donnent avec humour et autodérision sur scène, couvrant un vaste répertoire de musiques à la fois populaires et plus classiques, ils sont avant tout des musiciens formés en chant classique et en écriture, issus de l’université et du conservatoire. « Quelle perte! », direz-vous? Oh non, bien au contraire…


La mise en scène de ce troisième spectacle de Qw4rtz est à nouveau orchestrée par Serge Postigo, qui prête sa voix au pastiche de documentaire animalier destiné à présenter nos chanteurs. La table est mise: on ne se prendra pas au sérieux. Pour la suite du spectacle, la scène sera dénuée de fioritures, donnant toute la place aux quatre chanteurs pour évoluer, chorégraphier, se déplacer. C’est parfait, puisque notre œil se promène d’un chanteur à l’autre pour tenter de reconnaître les sonorités, les tonalités, et qui des quatre musiciens les produit.

Grande idée aussi que la reproduction du studio de doublage, qui, avec des moyens simples, permet aux non-initiés en musique de mieux saisir la densité des partitions et la complexité de l’interprétation. Dans ce cas, on y a accès pour le « Rondo à la turc » de Mozart.

Nos comparses, Louis Alexandre Beauchemin, le contre-ténor et beatboxer, Philippe C. Leboeuf, le baryton, François « Fa2 » Dubé, « la basse du groupe » et François Pothier Bouchard, l’arrangeur, nous offrent sur scène de l’humour pas compliqué à saisir et auquel ils semblent bien prendre goût. Mais en coulisses… chaque sortie de scène est une occasion de rectifier, d’ajuster, de noter. La rétroaction est immédiate et n’attendra pas un débriefing de fin de spectacle.

Pour Qw4rtz, le défi de l’a cappella, c’est de faire vivre une émotion avec la seule présence des voix sur scène. Et pour y arriver, la seule façon, selon eux, c’est de créer des harmonies parfaites. Si l’harmonie n’est pas parfaitement juste, alors l’émotion ne se rendra pas.

Des forces distinctives

L’un des défis de François, qui écrit les arrangements du quatuor, c’est justement d’aller chercher les harmonies qui feront résonner les émotions. Avec des bijoux comme « Pendant que les bateaux » de Gilles Vigneault, où la rigueur tonale de nos chanteurs s’allie à une diction impeccable, on redécouvre les paroles de cette chanson et, aucun doute, « la magie de l’a cappella » fait mouche et vient nous prendre au cœur.

Fa2, lui, c’est une voix extraordinaire qui vient faire vibrer la cage thoracique du spectateur, même si celui-ci est assis au fond de la salle. Sur scène, il nous offre quelques répliques bien placées comme : « J’ai pas été 15 ans en musique pour faire: doum da doum, doum, doum! » Quand je lui demande s’il a déjà rencontré des basses aussi intenses que lui, il me parle de sa participation mémorable avec le Chœur orthodoxe russe pour chanter Les Vêpres de Rachmaninov. Ah! Vous comprenez maintenant!

Quant à Louis Alexandre Beauchemin, il sait nous démontrer que l’homme sait faire mieux que la machine en délaissant son numériseur de boucles sonores (pédales loop) pour un extrait percutant de beatboxing, quelque chose qu’il fait instinctivement, depuis tout jeune, et dont il découvrira qu’on peut en faire un métier en écoutant du Razhel.

De Philippe, Louis-Alexandre dit qu’il « a le talent des meilleures voix de la pop ». Pas étonnant alors qu’on redécouvre avec bonheur des plaisirs coupables comme « Terre promise » d’Éric Lapointe, ou l’interprétation de « Toutes les femmes savent danser » de Loud, qui me plaît davantage que l’originale.

L’avenir

Le prochain projet de Qw4rtz, ce sera un nouvel album. Si le groupe tourne déjà depuis près de dix ans, je ne pense pas qu’on est prêt à en voir la fin. Les quatre gars ont l’impulsion et l’intérêt de leur projet comme s’ils découvraient encore leur succès. Très reconnaissants et généreux envers leurs fans, ils s’adonnent à la ronde des photos et des signatures dès qu’ils posent le pied en dehors de la scène. Et, la rigueur avec laquelle ils parlent de leur technique et de leur travail laisse à penser qu’il y a encore beaucoup à créer pour ces chasseurs d’harmonies!

Finalement, les musiciens conviennent avec moi que la discussion devra être reprise pour parler plus en détail des futurs projets, cette fois-ci avant un spectacle pour avoir plus de temps. Je me demande à quoi ça ressemble un Qw4rtz avant d’entrer en scène? À suivre, j’espère.


La tournée se poursuit cet hiver 2019, vous trouverez villes et dates sur le site de Qw4rtz.