Le premier volet «Supersaturés» de la Trilogie Supernova ne nous fait pas décoller... Dommage!
Le premier volet «Supersaturés» de la Trilogie Supernova ne nous fait pas décoller... Dommage!

Publié par Clara Bich le Mar. 26 mars 2019 à 12h00 - Contenu original
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Crédit photos: Page Facebook de l'Usine C

La semaine dernière, nous étions présents à l’Usine C pour assister à la première partie de La Trilogie Supernova. Avec ce laboratoire théâtral présenté en trois volets, les créateurs et concepteurs Mark Lawes et Raphaële Thiriet proposaient une première partie d’une heure le 21 mars; puis l’intégralité de la trilogie, d’une durée de trois heures, les 22 et 23 mars 2019. Un voyage dans la conscience humaine, parfois schizophrène, parfois naïve, pour faire un constat sur la société actuelle, le capitalisme et les technologies: c’est à peu près ce que nous avons compris de ce spectacle.


Mark Lawes est metteur en scène et créateur de formes expérimentales en arts vivants. Raphaële Thiriet est metteure en scène, actrice et elle développe un grand intérêt pour la danse contemporaine depuis plusieurs années. Ensemble, ils proposent avec La Trilogie Supernova un essai poétique sur fond d’enquête sociologique. Dans cette première partie intitulée Supersaturés qui est un laboratoire multidisciplinaire d’une heure, ils mêlent de la danse avec de la projection et de la chanson en direct, accompagnées de performances d’acteurs et de clowns. Quatre artistes sont présents sur scène: trois interprètes (dont la metteure en scène Raphaële Thiriet) et un musicien.

Lorsque nous rentrons dans la salle, les comédiens sont déjà sur la scène qui est bien meublée: une table, des chaises, un frigo, des fauteuils, des valises, des néons et même un barbecue! Ils sont habillés avec des ponchos en plastique transparent et les deux comédiennes (la metteure en scène et Mélina Stinson) posent des questions au public pour distinguer les spectateurs fonctionnant de manière rationnelle de ceux fonctionnant de manière instinctive. Une fois la salle remplie, le spectacle commence! Nous sommes alors face à trois docteurs spécialisés dans la recherche sur le cerveau. Leur but: remettre en question la conscience humaine.

Rapidement, le personnage de Fred se met à jouer au jeu vidéo et Mélina se prend pour une cheerleader. Accompagnés de projections à la fois de football américain et d’images d’archives qui semblent être de guerre, les comédiens se rentrent dedans sur scène. Nous avons du mal à entrevoir la narration qu’ils nous proposent.

Tout de suite après, beaucoup de sujets se mélangent et il devient difficile de cerner le but de ce laboratoire. Alors que Melina danse, Raphaële chante une chanson anticapitaliste. Il en découle un constat sur les rapports entre le numérique, les souvenirs et la réalité. S’ensuivent des projections en arrière-scène, ainsi que des discussions autour de la table de cuisine. La mise en scène, les images et le texte semblent être sortis des films Matrix et Inception. Il y a même un gros plan d’une toupie qui tourne sans s’arrêter lorsque Fred parle de la réalité. Bien que les images projetées soient d’une grande qualité, cela nous semble un peu trop référentiel face aux films majeurs des Wachowski et de Christopher Nolan.

Dans le programme, il est précisé que la démarche des artistes est la suivante: « Explorer et déconstruire les mécanismes de contrôle imposés par le système capitaliste en essayant de créer des failles d’espace-temps par l’infiltration des différents langages artistiques ». Présenté ainsi, nous étions conquis et c’est grâce à cette fougue que nous nous sommes rendus à l’Usine C. Néanmoins, malgré les différents langages artistiques, nous n’avons pas vraiment compris le storytelling dans tout ça: où veulent-ils vraiment emmener les spectateurs?

Heureusement, nous notons des flashs de mise en scène très esthétiques, tels que les moments avec le frigo ouvert et les nuages de fumée qui s’installent dans la salle. Nous avons également eu un gros coup de cœur pour la qualité des images projetées et réalisées par Kyle Thomas. Également, Mélina Stinson est une incroyable danseuse qui réussit à capter son audience en un simple mouvement de hanche. Enfin, la musique de Ian Jarvis, avec un beat de synthétiseur dans toutes les chansons, nous transporte dans les années 1980 pendant l’heure de performance, et on aime ça!

Finalement, dû à ce mélange hétérogène où trop d’histoires et de concepts artistiques se mêlent, nous perdons pieds. C’est peut-être ça, finalement, la définition des « formes expérimentales en arts vivants »; cependant, nous ne sommes pas charmés et nous peinons à comprendre le but de ce laboratoire. Peut-être que La Trilogie Supernova en intégralité nous aurait donné plus de réponses à nos questions, qui sait?!


Si vous êtes intéressés par la pluridisciplinarité, les arts vivants, les arts visuels et la danse contemporaine, n’hésitez pas à suivre le travail de Mark Lawes et Raphaële Thirier. Voilà la bande annonce du spectacle, ainsi qu’une entrevue très riche des deux créateurs sur leur point de vue concernant La Trilogie Supernova !