Concert de fin de saison de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal | Semplicemente benissimo !
Concert de fin de saison de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal | Semplicemente benissimo !

Publié par Daniel Raymond le Jeu. 16 mai 2019 à 14h30 - Contenu original
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Crédit photos: Brent Calis


Le mardi 14 mai, au Piano Nobile de la Place des Arts, les artistes en résidence de l'Opéra de Montréal avaient le plaisir de célébrer en musique la fin d'une fructueuse saison. Au bénéfice d’un parterre essentiellement composé de donateurs, neuf ravissantes voix, brillamment accompagnées au piano par Holly Kroeker, ont exprimé leurs remerciements musicaux avec panache et grand talent.


Les noms des héros de cette mémorable soirée se déclinent ainsi, dans l’ordre où ils apparaissent, de gauche à droite, sur la photo ci-dessus : Rocco Rupolo (ténor), Spencer Britten (ténor), Elizabeth Polese (soprano), Holly Kroeker (pianiste), Brenden Friesen (basse), Rose Naggar-Tremblay (mezzo-soprano), Andrea Carolina Núñez (soprano), Florence Bourget (mezzo-soprano), Scott Brooks (baryton-basse), et Sebastian Haboczki (ténor).

À peut-être une exception près, j’ai suivi toutes les activités inscrites au calendrier de la présente saison qui s’achève, et j’ai continuellement été épaté par le haut niveau atteint et maintenu par ces stagiaires hors pair qui se sont sans cesse surpassés en nous offrant de mémorables prestations. Cette dernière cuvée de l’Atelier lyrique passera à l’histoire à titre de grand cru d’un fameux millésime.

L’opération charme et séduction s’est amorcée par les mots d’ouverture et de remerciement bien sentis (adressés aux donateurs et partenaires) par deux distingués membres de la direction, soit M. Patrick Corrigan, directeur général de l’Opéra de Montréal, et Mme Chantal Lambert, directrice de l’Atelier lyrique.



En avant la musique !

Les soixante intenses minutes du concert ont été consacrées à des arias extraits d’œuvres des célébrissimes compositeurs Bellini, Brahms, Britten, Gounod, Liszt, Mozart, Offenbach, Rossini, Tchaïkovski et Verdi.

Nous avons tour à tour pu apprécier nos chanteurs de la relève dans des prestations tantôt en solo, tantôt en duo, ou encore en quatuor et en sextet. L’ensemble des neuf, ou l’ennéade, nous a même gratifiés d’un rappel fort apprécié, « C’est l’amour », tiré de l’opérette Les Saltimbanques composée par Gustave Louis Ganne en 1899.

Dans une vaste salle comme Wilfrid-Pelletier, certaines voix peuvent parfois nous sembler moins volumineuses qu’on le souhaiterait. Mais dans un espace plus restreint, tel celui du Piano Nobile, toutes les voix ont suffisamment d’amplitude et de portée. Entendre une « voix d’opéra » dans toute sa force, sa splendeur, et dans une telle proximité, est une véritable gâterie. J’adore ces prestations plutôt intimistes qui favorisent une gratifiante proximité avec les artistes. En cette occasion j’ai donc été servi à souhait.



Mes coups de cœur

Bien que tous aient incontestablement donné la pleine mesure de leur talent, à l’intérieur d’un programme varié composé de treize arias, j’ai retenu quelques prestations qui m’ont particulièrement impressionné pour diverses raisons toutes aussi personnelles, et donc subjectives, les unes que les autres.

C’est par souci d’économie de temps, d’espace et de patience de mes lecteurs que je me prive sciemment du plaisir de vanter individuellement les prestations de tous et chacun.

Mention spéciale pour Andrea Carolina Núñez, pour sa puissante et rayonnante voix de soprano, qui m’a semblé être très à l’aise et en contrôle dans les hautes notes, notamment dans son interprétation de « How beautiful it is », extrait de The Turn of the Screw de Benjamin Britten. Aussi, lors de la finale de La Scala di seta de Rossini, la note aigue émise par Andrea a probablement été entendue jusque sur la rive sud de Montréal.

J’ai admiré le sang froid et la confiance en soi affichés par le ténor Rocco Rupolo qui s’est attaqué à « Salut, demeure chaste et pure », un extrait de Faust de Gounod. Avec le piano comme seul accompagnement, et nul orchestre symphonique pour couvrir une éventuelle défaillance vocale, cet exigeant aria pardonne difficilement un manque de moyen technique, principalement au moment d’émettre, à pleine voix, « la » vertigineuse note tant attendue par les amateurs d’opéra, vers la fin de l’aria, sur le prononcé du mot « présence ». Rocco s’en est tiré haut la main, et haute la voix.

Je ne saurais trop insister sur la fascination qu’exerce sur moi l’impressionnante voix de basse du surdoué Brenden Friesen à qui Dame Nature a fait un rare et précieux cadeau. Il nous a interprété « Que les songes heureux », extrait de Philémon et Baucis de Gounod, de magistrale façon.

De sa voix berçante, la soprano Elizabeth Polese nous a offert un très lyrique et envoûtant « Oh ! Quand je dors » de Liszt, aria que j’ai entendu souvent chanter par feu le tenorissimo Nicolai Gedda, dont vous pouvez d’ailleurs entendre l’interprétation ici.

Et que dire de la mezzo-soprano Florence Bourget, qui joue tellement bien en plus de chanter si merveilleusement, sinon que Bravo ! et Encore ! Son interprétation de « Vous aimez le danger… Ah ! Que j’aime les militaires ! », de La grande duchesse de Geroldstein d’Offenbach, a été à elle seule une classe de maître dans l’art d’incarner un personnage.

« Se Romeo t’uccise un figlio », de I Capuleti e i Montecchi de Bellini, a permis à la mezzo-soprano Rose Naggar-Tremblay d’explorer tout l’étendu de son registre et de spectaculairement nous démontrer qu’elle en maîtrise parfaitement les extrêmes, en plus de jouer infailliblement avec vérisme. La sage et prévoyante Mère Nature a doté Rose d’une grande stature parce qu’elle savait pertinemment qu’elle aurait à contenir énormément de talent.



Toute bonne chose a une fin

À la fin d’un concert qui s’est écoulé beaucoup trop rapidement, tous ces talentueux et méritants artistes ont été chaleureusement applaudis par des spectateurs enthousiastes qui leur ont réservé une ovation debout. La soirée s’est terminée dans la joie, en bonne compagnie, en conversations animées, et avec un bon verre de vin à la main.

J’ai déjà affirmé, et je le répète avec plaisir à qui veut bien l’entendre, que l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal accomplit un travail formidable, et essentiel, auprès des chanteurs et musiciens de la relève et, qu’en retour, il mérite grandement notre support et nos encouragements, financiers et autres.


Pour en apprendre davantage sur l’Atelier lyrique, sa mission et ses réalisations, pour consulter le calendrier de ses spectacles, et pour vous procurer des billets, vous êtes invité à cliquer ici pour visiter son site internet. À noter que l’Atelier lyrique est également présent sur Facebook.