Robert Charlebois : un bum de bonne famille toujours jeune et fou !
Robert Charlebois : un bum de bonne famille toujours jeune et fou !

Publié par Élizabeth Bigras-Ouimet le Ven. 7 juin 2019 à 17h00 - Contenu original
Musique, Louise Forestier, Place des Arts, Robert Charlebois, Robert en CharleboisScope, Salle Wilfrid-Pelletier

Crédit photos: Bruno Destombes

Robert Charlebois est l’icône d’un Québec en couleurs, d’un Québec qui bouge, d’un Québec de plusieurs générations. Auteur, compositeur, interprète et chanteur, Robert Charlebois nous éblouit toujours sur scène après plus de 55 ans de carrière. Son dernier spectacle, Robert en CharleboisScope, était de passage à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts pour trois soirs seulement et déjà on annonce des supplémentaires en décembre 2019 !


« Je reviendrai à Montréal / Dans un grand Boeing bleu de mer / J’ai besoin de voir l’hiver / Et ses aurores boréales. »



Robert Charlebois porte en lui des époques qui nous sont toutes familières, des époques qui parlent d’espoir, d’amour, de paix, mais aussi de désillusion, de rébellion, de mélancolie. L’artiste multidisciplinaire a franchi bien des murs durant sa carrière et en 2019, il nous séduit toujours avec son humour et sa voix qui résonne en écho au Québec d'antan, de ce temps si court, entre hier et aujourd’hui.

Dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal, ils sont nombreux à avoir vu Robert Charlebois à ses débuts et ils sont nombreux à le voir pour la première fois. La fébrilité qui règne dans la salle est palpable et électrique. Dès que le public voit Charlebois entrer sur scène, c’est l’euphorie !

Devant un écran géant où seront transmis des extraits de sa vie en entrevues et en courtes vidéos, le chanteur se tient debout, magistral, parle au public avec aisance et humour, s’amuse avec les dix musiciens qui l’accompagnent et le party commence : le chanteur nous offre ses grands classiques tels que Les Ailes d’un ange, Entre deux joints, Dolorès, Tout écartillé… et déjà, la salle est sous son charme. Robert Charlebois, malgré ses 75 ans, est plus jeune et fou que jamais !




Franchir le mur du son


« Je veux franchir le mur du son / Et propulser cette chanson / Mixer les rythmes, trouver le ton / instruments, la voix, la clé / Donner la note qui fera chanter / Trois Amériques à l'unisson / Je veux l'écrire dans le ciel / Je vous vois tous avec des ailes / Vous m'écoutez la tête haute / En vous aimant les uns les autres / Et il en viendra de partout / Des hommes qui se tiennent debout. »


– Le Mur du son



Que cet homme est grand et authentique sur scène. À n’en pas douter, il aime profondément son art et son public et offre aux spectateurs un leg inestimable en cette première soirée d’été. Comme s’il portait en lui un soleil ardent, il nous émerveille par son énergie, son charisme, sa folie. Voir cet artiste sur scène avec en arrière-plan ses années folles nous émeut instantanément. L’instant d’une soirée, le temps n’est plus.

Robert Charlebois n’avait pas encore 20 ans lorsqu’il s’est retrouvé sur scène en première partie de Félix Leclerc. Anticonformiste, le jeune Robert dit Garou, entreprend un voyage en Californie en 1967 où il découvre les meilleurs musiciens rock d’Amérique. Il peaufine alors son art, expérimente de nouveaux styles musicaux et compose des chansons qui rejoignent le peuple québécois, dans un langage à la fois populaire et poétique. En 1968, il se joint à Yvon Deschamps, Louise Forestier, Mouffe, Paul Buissonneau et Guy Latraverse pour créer L'Osstidcho, spectacle audacieux et mythique qui entremêle humour et provocation, désir de changement et besoin d’ancrage. Robert Charlebois touche au rock, au blues, au country, joue avec la musique, le son, les accords... Il va en Europe, revient au Québec, il vit à petit prix de son art.

Avec les années, Charlebois s'intéresse au cinéma et se lance en affaires, mais la musique l’habite et il revient toujours à elle. Il multiplie les prix de reconnaissance au cours de sa carrière et demeure une figure de référence pour bien des artistes encore aujourd’hui.




Un grand homme dans un grand artiste !


« La mer continue à monter /Ce soir, j'ai peur de me montrer / Bien plus ordinaire que vous m'imaginez / J'aurai pu, j'aurai dû beaucoup mieux vous aimer. »

Et voilà



Assister à Robert en CharleboisScope est un véritable honneur, une expérience unique qui nous propulse dans le passé avec la technologie du présent et qui entremêle les idéaux d’un peuple avec le rêve d’un homme idéaliste et purement fou.

L’animation graphique qui orne le spectacle Robert en CharleboisScope est phénoménale ! Ce spectacle est un événement en soit, car Charlebois s’est entouré des meilleurs techniciens du son et de l’image pour faire de chaque moment quelque chose d’extravagant, de plus grand que nature.

Robert nous a offert du Charlebois à l’état pur : fou, drôle, énergique, introverti, profond et exalté. L’entrée sur scène de son éternelle complice, Louise Forestier, est le coup d’éclat à cette soirée ; les deux artistes ont interprété California, Lindberg et La fin du monde et se sont donnés au public comme ils le faisaient déjà en 1968... Quel moment, quelle grâce !

Robert Charlebois nous avait dévoilé son dernier album, Et voilà, en février 2019 et c’est donc avec la pièce phare de cet album qu’il nous quitte après deux heures sans entracte, sur une grande ovation d'un public plus que conquit !


Pour suivre la tournée de Charlebois, c'est donc par ici ! La salle Wilfrid-Pelletier était déjà bien pleine hier soir alors les représentations supplémentaires affichées pour décembre 2019 risquent de voir leurs billets s'envoler très rapidement. Si vous ne voulez pas le manquer, faites vite !