Les traces de l'art durant l'histoire
Les traces de l'art durant l'histoire

Publié par Mariklöde Tardi le Mar. 5 juillet 2016 à 15h00 - Contenu original
Exposition, Archéologie, Art, Histoire

Crédit photos: Mélanie Robinson - Museo Nacional de Antropología, Mexico, 2003

Une perte de temps?

Comme la plupart de ceux qui sont bien connectés à l’ère virtuelle, lorsque je me flanque devant mon écran d’ordinateur, je bifurque régulièrement vers mon compte Facebook pour m’égarer et regarder des photos ou des vidéos à la recherche d’un oasis de fraicheur. Et là, je tombe sur des perles.

Il y a environ deux mois, je me suis abonnée au groupe public Archaeology & Prehistoric & Ancient Wonders, celui-ci est réservé, comme le nom l’indique, à l’archéologie, à la préhistoire et aux merveilles anciennes. Depuis que j’ai appliqué mon «clik» pour une demande d’adhésion, mon fil de nouvelles se crible d’images de somptueuses civilisations ancestrales. Temples décorés de sculptures incrustées dans la pierre, impressionnantes mosaïques dont les délicats fragments rappellent les pixels informatiques, vestiges de sépultures, bref, des pièces d’art ayant résisté au temps dont nous avons la chance de témoigner aujourd’hui.

Ébahie devant tant de beauté, je me demande alors : qu'est-ce que l'art évoque dans l'histoire de l'Humanité ? D'abord, sachant que les délimitations de l’Art sont variables, je décide donc de m'attarder à ses définitions trouvées dans le dictionnaire Larousse en ligne :

Art

nom masculin(latin : ars, artis) ·Ensemble des procédés, des connaissances et des règles intéressant l'exercice d'une activité ou d'une action quelconque. ·Toute activité, toute conduite considérée comme un ensemble de règles, de méthodes à observer. ·Habileté, talent, don pour faire quelque chose. ·Manière de faire qui manifeste du goût, un sens esthétique poussé. ·Création d'objets ou de mises en scène spécifiques destinées à produire chez l'homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique. ·Ensemble d'œuvres artistiques ; caractère de cet ensemble [par exemple : L'art italien]1.

De ce que nous définissons comme étant de l'art, il est intéressant d'imaginer les différentes modifications de celui-ci au cours du temps. Selon les capacités cognitives et le savoir de ceux qui vivaient à travers les époques, est-il possible d'établir une corrélation entre l'évolution de l'homme et l'évolution de l'art? C'est donc pourquoi j'ai décidé de m'attarder, pour la rédaction de cet article, à l'archéologie.

L’art selon les époques

Selon l’inscription se trouvant sur le site Internet du Département des sciences historiques de l’Université Laval à Québec, « L’archéologie cherche à documenter le passé à partir des traces – aussi bien des éléments de la culture matérielle que des données biologiques 2.» Comprenant que les éléments culturelles impliquent autant les mœurs, la langue que les symboles, les pratiques artistiques inscrites dans les représentations trouvées sur les sites de recherche peuvent nous donner certains indices sur les croyances et le développement de la pensée de ces peuples.

Remontons le temps, du plus loin que l’on puisse le présumer actuellement. Selon certains scientifiques, la création de la Terre et de la vie sur cette planète est évaluée à 5 milliards d’années. Toutefois, la préhistoire, période relative à l’aventure humaine qui précède l’écriture, aurait débuté il y a environ 3 millions d’années. Suivant l’ordre établi par la théorie de l’évolution, le premier humain, l’homo habilis, serait apparu entre 2,5 et 3 millions d’années. Pourquoi habilis? Parce que cet être démontrait certaines habiletés à créer des outils, objets coupants qui lui auraient servi pour la chasse, la pêche et même à racler des peaux.

Il y a entre 1,7 millions et 700 000 ans, l’homo erectus, suivant ses prédécesseurs tailleurs de pierre, aurait innové la technique par soucis de perfectionnement en créant des outils dont les deux faces identiques forment une symétrie. Ce qui, selon des historiens de l’art, fait de l’homo erectus l’inventeur de l’art.

Jean-Michel Dufays, Maître-assistant à la Haute École P.-H. Spaak (Pôle Universitaire Européen de Bruxelles-Wallonie), dit que les découvertes sur l’homo sapiens, « l’homme qui sait », apparut il y a 500 000 ans et dont le premier représentant de cette espèce humanoïde fut l’homme de Néandertal, aurait vécu sur le globe entre 500 000 à 40 000 ans. Ayant découvert des traces de sépulture datant de 120 000 ans, nous savons que l’homme de Néandertal enterrait ses morts. Ces rituels instaurés par ces sociétés laissent croire que le Néandertal avait une conception de la vie après la mort et il est probable que pour lui l’esprit des morts devait être libéré afin d’éviter le mauvais sort sur la communauté. Nous voyons donc ici les présomptions qui nous permettent de déduire à partir de quand l’ancêtre de l’homme était-il doté d’une conscience! Fascinant, n'est-ce pas?

La seconde branche de l’homo sapiens, l’homme de Cro-Magnon, dont nous sommes les représentants aujourd’hui, apparut il y a 40 000 ans. Selon les histologues, il serait l’artisan de l’art pariétal. Prenons par exemple la grotte de Lascaux découverte à Montignac en France en 1940. Les nombreux objets mobiliers en os et en silex, les épingles, l’aiguille à chas, les sagaies, l’alêne et les gravures représentant des animaux comme des chevaux et des taureaux, tous s’inscrivent dans la figuration de l’art pariétal daté de 18 000 à 11 000 ans avant notre ère. Seize coquillages fossilisés, dont trois possédant des perforations, indiquent qu’il s’agit d’éléments de parure. La présence de ces articles venant de la mer atteste qu'il y ait eu déplacements d’humains sur des centaines de kilomètres, ou encore des échanges entre différents groupes.

Un passage historique

Les objets et les pièces d’art retrouvées sur certains sites de recherches permettent aux archéologues et aux chercheurs d’entreprendre des études ethnologiques afin de tenter de comprendre la réalité de ceux qui y vivaient malgré les difficultés d’établir un diagnostic précis.

Plus tard, il y eut les Égyptiens avec leurs somptueuses pyramides gorgées d’objets de culte, de sépultures et d’hiéroglyphes exposant les archétypes d’une société complexe, les drakkars qui témoignent de l’ingénieuse technologie des Vikings, l’architecture des Grecs, les sculptures romaines, bref, chaque civilisation exprime, selon les dispositions de son époque, un savoir qui s'inscrit dans ce que nous pouvons appeler de l’art.

Sachant que l'histoire est un continuum sans fin, nous, à l'ère du virtuelle, où tout ce que nous produisons semble voué à l'éphémère, que pensons-nous léguer aux archéologues du futur?

Mariklöde Tardi
Artiste & Reporter indépendante
Collaboratrice au Fil Culturel de atuvu.ca
Auteure à Feather And Birds
Chroniqueuse radio pour l’émission Aube diffusée à CIBL 101,5 FM

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Références :
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Sources :