Lecture-spectacle de « La femme qui fuit » : des mots qui comptent
Lecture-spectacle de « La femme qui fuit » : des mots qui comptent

Publié par Claudia Parent le Mer. 28 septembre 2016 à 13h40 - Contenu original
Théâtre, FIL, Suggestions de sortie, Théâtre Outremont


C’est un dimanche après-midi, en plein soleil de septembre, qu’a eu lieu l’unique représentation de la lecture-spectacle de La femme qui fuit. Moment propice aux activités d’errance du corps et de l’esprit, le texte d’Anaïs Barbeau-Lavalette a vibré de sensibilité par la voix de son amie Catherine de Léan et la mise en lecture de Brigitte Haentjens. Roman qui a reçu le Prix des libraires 2016, sa lecture publique est une production du Festival international de la littérature (FIL), en co-diffusion avec le Théâtre Outremont.

C’est devant une salle bien remplie qu’Anaïs Barbeau-Lavalette a entamé la lecture. Elle nous lit les deux premières pages de son roman, cette introduction à la fois emplie d’amour et de sincérité à l’égard de l’une, à la fois matraque et réquisitoire à l’égard de l’autre.

Catherine de Léan a poursuivi chronologiquement la lecture avec plusieurs passages du roman, reconstruisant cette fille, cette femme, la grand-mère de l’auteure, cet être humain à la liberté sans limites. Lecture juste et limpide, la voix douce et ouatée de l’actrice fait résonner la poésie des mots si bien écrits de Barbeau-Lavalette. Elle livre le texte si personnel et courageux de son amie, qui se tient à ses côtés tout au long de la lecture. Pas de gestes ni de grands mouvements; seulement les mots qui se découvrent à un rythme régulier.

Les notes planantes de Bernard Falaise se lient placidement aux différents passages choisis, alimentant une ambiance profonde, intérieure. C’est une musique qui accompagne, qui laisse place au vide, au silence, à la douceur et pesanteur de l’existence.

Puis, la lecture nous renvoie aussi à des moments et personnages brillants de l’histoire, comme le Refus global, Borduas, Sullivan, Ferron, Gauvreau, Riopelle et Barbeau, pour ne nommer que ceux-là. Au moment d’écrire ses lignes, trône devant moi une sérigraphie de Marcel Barbeau sur le mur du salon.

Pas de surprise si je vous dis avoir raffolé du roman. C’est une œuvre que j’ai dévorée, comme tous ceux qui en ont fait la lecture, semble-t-il, une œuvre qui m’a habité longtemps. La femme qui fuit permet d’imaginer, de remettre en contexte et de supposer les pensées et actions de cette femme énigmatique qu’a été Suzanne Meloche. C’est parti d’un élan, d’un désir de l’auteure de mieux vivre avec les conséquences qu’ont générées les désirs ardents de liberté de sa grand-mère. « Le texte pardonne pour que l’histoire avance», a si bien dit l'auteure pendant la causerie, tout juste après la lecture qu’elle a conclue en mêlant sa voix à celle de Catherine de Léan.

La mise en lecture a permis un partage commun et simultané de l’œuvre écrite, liant intimement l’auteure aux lecteurs. Cette rencontre ajoute une nouvelle dimension au regard que l’on porte sur l’œuvre, la rendant plus personnelle, plus riche encore. S’en est suivi une (trop courte) causerie avec l’auteure, par laquelle le public a pu remercier, féliciter et interroger Anaïs Barbeau-Lavalette. Les émotions à fleur de peau, il était bon de sentir les forts rayons du soleil à la sortie du Théâtre Outremont.


Le Festival international de la littérature (FIL) a lieu du 23 septembre au 2 octobre 2016, pour en savoir plus : site Web du FIL.