Les suggestions d'atuvu.ca pour Cinemania 2016 (1re partie)
Les suggestions d'atuvu.ca pour Cinemania 2016 (1re partie)

Publié par Francis Dupont le Mer. 2 novembre 2016 à 14h00 - Contenu original
Cinéma, Cinemania, Festival, Suggestions de sorties

Crédit photos: Axia Films

Le Festival de films francophones Cinemania débute le 3 novembre prochain et se poursuivra jusqu’au 13 novembre. atuvu.ca braque ses projecteurs sur quatre films que nous vous recommandons chaudement durant le festival. Dans cette première partie, nous tournons notre attention vers deux films qui portent sur le don d’organes et la radicalisation.


« RÉPARER LES VIVANTS » DE KATELL QUILLÉVÉRÉ

Réparer les vivants est basé sur le roman éponyme de Maylis de Kerangal. Le récit est constitué de deux histoires. Au Havre, il y a d’abord Simon (Gabin Verdet), un jeune surfeur de 17 ans, victime d’un accident mortel de la route. Ses parents (Emmanuelle Seigner et Kool Shen) doivent choisir s’ils permettent le prélèvement d’organes sur le corps de leur fils. Puis, à Paris, il y a Claire (Anne Dorval), une mère gravement malade qui attend un cœur qui pourrait lui sauver la vie.

Katell Quillévéré a à son actif deux longs-métrages de grande tenue, Un poison violent et Suzanne. Avec Réparer les vivants, elle en ajoute un troisième. Sa distribution est composée d’excellents acteurs dont les Québécoises Anne Dorval et Monia Chokri ainsi qu’Emmanuelle Seigner, Tahar Rahim et Alice Tagiloni. Aucun d’entre eux n’occupe un rôle principal. Le film est plutôt construit de manière à laisser une place à chacun d’eux afin que leur personnage se dévoile. Du côté du donneur, on retrouve des parents endeuillés, un spécialiste de la santé qui les soutient et une infirmière troublée. La receveuse est entourée d’un fils surprotecteur, d’un autre fils décrocheur et d’une ancienne flamme. Ces deux mondes évoluent en parallèle sans jamais se croiser. Seul le cœur peut les relier en transmettant la vie.

Grâce à une mise en scène très pudique, Réparer les vivants ne sombre jamais dans le misérabilisme. Un film sur le don d’organes pourrait facilement être larmoyant, mais les comédiens jouent avec retenue. Les grandes crises de larmes et les hurlements ne font pas partie de ce récit. Katell Quillévéré évite les clichés en montrant le drame de la perte d’un être cher juxtaposé au renouveau de la vie d’un autre. Le résultat risque de laisser les yeux de bien des cinéphiles mouillés.







« LA ROUTE D’ISTANBUL » DE RACHID BOUCHAREB

Y a-t-il des sujets trop récents pour les aborder au cinéma? Faut-il donner aux évènements le traitement du temps avant que l’art ne se les approprie? Dans La route d’Istanbul, Rachid Bouchareb a osé se pencher sur un sujet qui alimente toujours l’actualité : la radicalisation de jeunes occidentaux. Élodie (Pauline Burlet), 18 ans, devenue recluse et amourachée d’un garçon inquiétant, fuit pour faire la route du Djihad. Élisabeth (Astrid Whettnall), sa mère, croit d’abord à une fugue, mais elle est informée par la police que sa fille s’est radicalisée et qu’elle est en route pour la Syrie. Abandonnée par les autorités, Élisabeth décide de partir en Turquie pour retrouver elle-même sa fille.

Dans La Route d’Istanbul la radicalisation est le thème central, mais Rachid Bouchareb filme surtout l’amour d’une mère et la détermination d’une femme. Dans le rôle de cette mère, Astrid Whettnall est bouleversante. Elle est complètement investie dans la quête de cette femme qui veut retrouver celle qui représente toute sa vie.

Le réalisateur de Cheb et Indigènes ne s’étend pas sur les causes de la radicalisation. Le film se concentre plutôt sur ses conséquences sur les parents des jeunes radicalisés. Bouchareb ne s’étend pas non plus sur les ravages de cette radicalisation au Proche-Orient. Cependant, il rappelle que ce phénomène inquiétant est nourri par une organisation qui fait vivre le chaos aux populations du Proche-Orient. Le personnage d’Élisabeth en prend conscience lorsqu’elle se rend là-bas et constate qu’elle n’est pas la seule dont la vie est chamboulée par la radicalisation et l’extrémisme. Rachid Bouchareb ne cherche pas à trouver des solutions à la radicalisation avec ce film, il se fait plutôt observateur ce qui se révèle judicieux.