Improviser, c'est un art
Improviser, c'est un art

Publié par Mélina Soucy le Lun. 30 janvier 2017 à 12h00 - Contenu original
Improvisation, Arnaud Soly, LNI, Patrick Huard, Réal Bossé, Suggestions de sortie

Crédit photos: Hugues Bergevin

Qu'ont Réal Bossé et un apprenti d'arts martiaux en commun? Pas grand chose en apparence, mais votre oeil aurait été floué si vous l'aviez vu sur la patinoire lundi soir dernier, lors du match d'ouverture de la Ligue Nationale d'Improvisation (LNI).

Sous la musique du talentueux Émile Desranleau, musicien autodidacte autrefois membre de Mes Aïeux, les Oranges (2Architectures) et les Jaunes (Québécor) se sont échangés la réplique durant trois périodes de trente minutes.

C'est Stéphane Archambault, acteur et chanteur québécois, qui a ouvert le match avec la traditionnelle performance de l'hymne nationale de l'improvisation. À la suite de ce moment empreint d'une étrange solennité, l'arbitre, Simon Rousseau, a donné le coup d'envoi.

«Ma fille est menstruée, on va pouvoir égorger!», s'est exclamé Diane Lefrançois, membre de l'équipe Québécor dans une improvisation dont le thème était le poulailler. Même après neuf saisons, elle a toujours le mot pour faire rire et pour faire avancer une impro.

C'est toutefois Arnaud Soly, substitut de Pier-Luc Funk dans 2Architectures, qui a volé la vedette aux autres artistes. Excellent joueur constructeur, maître dans l'art du «punch», les Oranges, victorieux de ce match, étaient choyés de le compter dans leurs rangs. Il a d'ailleurs remporté la troisième étoile du match, derrière sa coéquipière Joëlle Paré-Beaulieu et leur adversaire, Jean-François Nadeau, qui a remporté sa cinquantième étoile en carrière. Il confie avoir retiré une certaine fierté de son interprétation du «personnage niais du poulailler, car c'était amusant de faire des jeux de mots d’œufs».

Encore une fois, les joueurs de la LNI ont livré une performance dynamique et hilarante à la foule du Club Soda. Grands et petits ont donné raison par leurs rires, leurs applaudissements et leurs silences attentifs, au manifeste de l'improvisation théâtrale soumis à l'Assemblée nationale par les joueurs, le 20 octobre dernier. Bien qu'une motion visant à reconnaître l'improvisation comme étant une discipline artistique ait été adoptée la journée même du dévoilement du manifeste, il reste encore du chemin à faire pour la mettre en valeur sur la scène culturelle. Il est encore possible aujourd'hui de signer ce manifeste pour appuyer les joueurs dans leur recherche de reconnaissance.