FATAL | d'après Henry VI de W. Shakespeare  
Théâtre
Mar. 30 avril 2013 à 20:00
Espace Libre
1945, rue Fullum, Montréal
  Carte
20.00$ / 33 % de rabais! (Régulier:30.00$)
        

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Dans cette dernière décennie du XVIe, la représentation intégrale d’Henry VI - quelques 7500 vers rythmés mais sans interruptions ou effets de mise en scène - durait environ sept heures trente. Les rares productions contemporaines – souvent émondées – durent douze heures. L’adaptation d’Omnibus le corps du théâtre sera de deux heures quarante-cinq. Place à l’action ! Non pas qu’il faille douter des paroles, mais cette production postule l’antériorité des actes sur les mots qui les explicitent. Après son fameux Cycle des rois en 1988, la troupe met les premières pièces d’un jeune Shakespeare dans la vingtaine à l’épreuve de l’urgence d’agir, de faire et de dire.

Jean Asselin aime manifestement le Bard qu’il a mis en scène sous bien des coutures; une des plus récentes : L’histoire lamentable de TITUS (2006) donnait à voir et entendre les 2553 vers dans leur intégralité. Garantie d’imputabilité, notre metteur en scène traduira les trois pièces. Il avait monté Henry VI en 1986 avec une troupe de jeunes acteurs de l’UQAM. On remet ça, vingt-sept ans plus tard, avec certains des interprètes de l’époque, dont Sylvie Moreau qui a atteint, voire dépassé, l’âge et la maturité des quelques cent dix-sept personnages de l’œuvre épique.



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Fatale attraction  
Ceinturée par la religion, un crucifix lumineux gisant le sol de la scène nous accueille puis un roi sacrifié se lamentant à Dieu la quitte, les trois Shakespeare dans cette version de Jean Asselin sont, sans contredit, étonnants. Du verbe shakespearien qu’entends-on si ce n’est, non pas une traduction du texte mais, une adaptation libre et singulière qui fait ressurgir la modernité, non seulement thématique mais langagière, du vieil auteur anglais par l’emprunt d’un langage tantôt populaire, vernaculaire sitôt foisonnant d’un opulent vocabulaire. En effet, Asselin en tant que traducteur ne se borne pas à « contemporainiser » cette langue, il la renouvelle. Pis, en tant que metteur en scène, il a l’audace de projeter les thèmes des pièces dans le vingtième siècle car la corruption et les complots, voire la soif de pouvoir, n’ont pas d’âge et ne font pas époque. Conséquemment, si nous sommes surpris par l’abondance des références modernes : de carré rouge à carré blanc, de mouvements syndicaux et de lutte du peuple, qui donnent un ton ludique, l’atmosphère ubuesque de Fatal, pourtant, il en résulte une compréhension exhaustive de Henri VI. La scène est nue, une croix lumineuse tracée sur le sol puis charnelle. Ainsi débute Fatal, par cette image des nobles sacrifiés au nom de la religion. S’ensuit l’histoire d’Henri le bon, d’Henri le doux (Paul Ahmarani), de Henri de Lancaster un tantinet féminin qu’éveille toutefois la volupté de Marguerite (Sylvie Moreau) que l’on décrit fourbe, malhonnête reine qui porte en elle la soif du pouvoir et manipule son roi. Leurs adversaires, nul autre que les cousins d’York (Gaétan Nadeau, Pascal Contamine, magnifique futur Richard III) qui exigent, filiation en preuve, le trône et son royaume. La scène est presque nue. La scène est presque nue sauf là, devant, sur le mur, l’écran d’un téléviseur qui nous offre l’image d’une bouche, une bouche qui annonce l’information du jour. Futurisme à la Orwell, constructivisme à la Asselin. Enjoy!

Alain F.
Mer. 24 avril 2013