Post Humains à L'Espace Libre : l’éthique et l’avenir
Post Humains à L'Espace Libre : l’éthique et l’avenir

Publié par Léa Arthémise le Jeu. 5 octobre 2017 à 9h00 - Contenu original
Théâtre, Didier Lucien, Dominique Leclerc, Espace Libre, Suggestions de sortie, TRS-80

Crédit photos: Marie-Andrée Lemire

Il y a définitivement quelque chose de troublant dans Post Humains, la performance théâtrale documentaire présentée à l’Espace libre jusqu’au 14 octobre prochain.


Troublant au point d’ébranler un temps notre conception du corps et de brouiller nos sens. Sur scène, Dominique souffre d’une maladie chronique. Confrontée à des outils médicaux désuets et à l’hégémonie des compagnies pharmaceutiques, elle se met en quête d’alternatives. En résulte une enquête scrupuleuse de quatre ans qui l’amène à rencontrer des acteurs majeurs de la communauté transhumaniste et cyborg. Sur son chemin, elle croise un homme au crâne cerné par deux plaques d’implants lui permettant d’entendre, mais aussi de moduler son paysage sonore, un jeune homme excité à l’idée de capter les ondes des cellulaires, ou encore un autre documentant les variations de sa température corporelle.

Le transhumanisme, c’est ce mouvement qui prône l’utilisation des sciences pour améliorer les caractéristiques physiques et mentales de l’être humain, le libérer de ses maux et de son obsolescence naturelle. Dominique y cherche la solution technologique pour soulager l’emprise de la maladie sur son quotidien. D’autres y voient la possibilité d’améliorer leurs capacités physiques, cognitives, et de développer de nouveaux sens.

Dominique, soutenue par Dennis Kastrup, son compagnon journaliste, le comédien Didier Lucien et la vidéaste Cadie Desbiens, s’immerge progressivement dans un monde au sein duquel l’innovation technique et l’éthique personnelle s’entrechoquent. À travers des documents vidéo et des souvenirs partagés, la scène se mue en un lieu de rencontre, dans lequel le spectateur est invité à participer à une réflexion universelle sur l’avenir et le devenir de l’espèce humaine.





Sommes-nous prêts à ce que les compagnies d’assurance collectent nos données vitales via nos objets connectés ? Que faire d’une puce qui nous permettrait de percevoir les ultrasons comme les requins ? La science permettra-t-elle un jour la mise en place d’un système moins invasif pour le traitement du diabète ?

La performance débute avec une question rhétorique qui met en avant les inégalités sanitaires dans le monde. Au sortir de la réflexion, la question des inégalités demeure, celle des inégalités sociales, géographiques, renforcées par le fossé qui sépare les technophiles rêveurs des irréductibles technophobes.



Production

TRS-80


Texte

Dominique Leclerc

Mise en scène

Dominique Leclerc et Édith Patenaude, assistées de Patrice Charbonneau-Brunelle

Scénographie

Patrice Charbonneau-Brunelle

Interprétation

Cadie Desbiens, Dominique Leclerc, Didier Lucien et Dennis Kastrup

Conception

Push 1 Stop, Patrice Charbonneau-Brunelle, Cédric Delorme-Bouchard,
Gaël Lane-Lépine et Maude St-Pierre Léonard