Jamil arrive en ville! | De la chaise roulante au strapontin
Jamil arrive en ville! | De la chaise roulante au strapontin

Publié par Jamil le Dim. 28 janvier 2018 à 18h00 - Contenu original
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Crédit photos: site jamilofficiel.net

Pendant plus de 30 ans, Jamil a arpenté les nuits de Montréal. Des Gypsy Kings à Notre Dame de Paris en passant par Richard Desjardins, en avant-scène ou en arrière-scène, il a été l’auteur de plusieurs pages des nuits de Montréal pendant deux décennies à cheval sur le siècle dernier. Exilé à la campagne depuis plusieurs années, Jamil est de retour et porte un regard lucide et empreint de nostalgie sur les nuits de notre ville.




Prélude

Bon ben nous y voilà, c’est l’heure de remonter en selle. Fini la réadaptation physique et psychologique. Neuf ans après un double AVC, on a plus d’excuse… Je vous raconterai plus en détails plus tard mais pour l’instant voici l’histoire en résumé.

Prospère propriétaire du Petit Medley et du Gainzbar et jovial auteur-compositeur, je naviguais en père peinard sur la grande mare des connards... (On ne se vexe pas, j’en fais partie). Un matin de bonne heure je me suis engueulé avec ma blonde. La tension est montée et j’ai ressenti une douleur extrême à la tête. Deux heures plus tard j’étais dans une ambulance direction Hôpital Notre-Dame: double hémorragie cérébrale à 48 ans (c’est un peu jeune…). J’ai pris conscience de mon état 15 jours plus tard. Pas de coma pour moi mais je n’étais juste plus là. Il aura fallu deux trépanations pour qu’ils arrêtent de me chatouiller la matière grise. En revenant à la réalité, j’étais dans une chaise roulante avec l’oeil gauche qui cherchait le Japon; le côté gauche sans motricité fine, donc 35 ans d’apprentissage de la guitare envolé; et, la cerise sur le Sunday, je suis gaucher… donc incapable d’écrire ou encore de me nourrir sans me planter la fourchette dans les oreilles. Ajoutez à ça l’articulation complètement molle et une légère aphasie et vous avez le portait tout craché d’un déficient léger, le sourire béat inclus, car dans mon malheur j’ai quand même gardé le sourire. Ma blonde de l’époque qui avait dix ans de moins que moi, me nourrissait en pleurant qu’elle était trop jeune pour ça... Moralité: ne jamais s’engueuler de bonne heure avec sa blonde... C’est dangereux; il vaut mieux la quitter. C’est ce que j’ai fait.


C’est l’heure du retour de Jamil!

Je n’arrête pas de revenir vous diront certains, et ils n’auront pas tort, car, tout comme me l’avait enseigné un maître écuyer de l’École Royale Militaire de Sorèze (où sont passés Jacques Chirac, Le Shah d’Iran, ... ) - j’ai été grosse caisse dans la fanfare - : « Quand tu tombes de cheval, il faut remonter dessus tout de suite, sinon la peur pourrait se transformer en phobie ».

La première fois que je suis tombé de scène (lire « fait un bide »), je n’y suis pas remonté pendant 18 ans. Je suis donc remonté sur scène très rapidement après mes AVC, tout d’abord en chantant du blues. En anglais, l’avantage c’est que la bouche molle ça ne dérange pas! Et je dirai même plus que dans le blues c’est un atout. Ensuite j’ai conçu des spectacles avec un guitariste qui me servait de main gauche... mais seulement pour la guitare… Quant à moi je jouais de la musique à bouche, question de ne pas chanter les mains vides. Et puis finalement il y a 18 mois, après environ 7 ans de réhabilitation, j’arrivais à tenir 90 minutes non-stop seul en scène. J’ai fait mentir les docteurs qui avaient statué que je ne pourrai plus jouer de guitare…

Aujourd’hui, je me dis que si TIDE « lave plus blanc » d’année en année depuis 40 ans parce qu’ils améliorent la formule, et ben moi aussi je peux! Y’a pas de raison? Je-m’a-mé-li-o-re ! Bon…


Mars et Vénus à la Comédie de Montréal

C’est donc l’heure du retour! Il faut sortir, aller voir ce qui se fait. Alors sortons! Et voyons voir… En tout bien tout honneur j’ai décidé d’aller chez mes potes de La Comédie de Montréal où je suis invité à chanter de temps à autres et où se joue Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, sympathique pièce produite par un autre pote. Donc, je serai très très objectif évidemment…

En fait je n’ai aucun mal à parler de Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus que j’ai connu en France interprété par son auteur, un conseiller matrimoniale qui, au départ, s’était construit une petite conférence inspirée du célèbre bouquin de John Gray.

J’ai ensuite suivi la pièce ici, interprétée par un comédien dont j’oublie le nom et c’est tant mieux, car, malgré le succès au guichet, la livraison était tout au plus convenable. Pour l’anecdote, en assistant à la conférence de presse au Lion d’or Francine Grimaldi et Nathalie Petrovski se demandaient ce que je foutais là : « Mais t’as rien à apprendre ici Jamil? » J’ai souri… Si elles savaient… Si j’écris beaucoup sur les femmes, c’est parce que justement, je n’y comprends rien bordel!

Mars et Vénus c’est vraiment le truc à voir pour vous y retrouver. Sincèrement j’y ai compris pas mal de chose. Ça devrait être un cours obligatoire en première année de CEGEP, avant de nous y enseigner le sexe, l’alcool et la drogue... Si vous avez un problème de couple, emmenez votre conjoint, c’est un must. Le couple de votre meilleure amie est en danger? Mars et Vénus ! Le pire c’est que j’ai l’air de déconner… mais pas du tout, c’est vrai...


Jamin et la Comédie

Jamin Chtouki est un comédien maroco-belge propriétaire du café-théâtre Les Minimes à Toulouse. Il a fait le pari d’instaurer à l’année la comédie de Boulevard à Montréal. Ce qu’on appelle ici le « théâtre d’été »; un théâtre accessible, drôle et léger. Une joyeuse détente entre amis après ou avant le resto. En fait, Jamin Chtouki prend la relève de feu Gilles Latulippe et de son Théâtre des variétés.

Donc pour moi ce soir ce sera Mars et Vénus avec une bonne amie séparée... et sa fille de 14 ans. Il n’est jamais trop tôt!

Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, mettant en vedette Jamin Chtouki, est présenté tous les vendredis et samedis de février à la Comédie de Montréal.


Pérégrinations à venir

La semaine prochaine, il faudrait que j’aille redécouvrir nos nuits montréalaises. L’Inspecteur épingle est mort, on ira voir le Quai des Brumes et l’Esco. Que reste-t-il sur le bas de la côte? Les Beaux Esprits, Le Grand Café, L’Ours qui fume et le Medley sont aujourd’hui disparus; j’irai voir le Bistro à Jojo... Ça me rappellera l’époque où Dan Bigras écumait les bars avec Luce Duffaut. Bigras est le seul chanteur que je connaisse qui est capable de chanter une chanson dont il ne se rappelle pas le texte et de te faire croire que c’est toi qui entend mal... C’était l’époque où Dan chantait la célèbre chanson “Hahéc le Hemps” de Léo Ferré. Gerry Boulet, lui, faisait semblant de chanter quand il oubliait son texte, ce qui avait pour objectif de faire croire à une panne de micro et faisait paniquer les techniciens de son et les roadies qui se mettaient alors à courir dans tous les sens, comme des ramasseurs de balles au tennis, cherchant la connexion défectueuse...

Le Gainzbar et son jazz se sont éteints, j’irai probablement voir le Medley Simple Malt où sévissent encore Les Cravates depuis 18 ans...

J comme dans Jasette

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