Le 12 août, j’achète un livre québécois : 3 livres jeunesse coup de coeur
Le 12 août, j’achète un livre québécois : 3 livres jeunesse coup de coeur

Publié par Sabrina Asselin-Latulippe le Ven. 10 août 2018 à 16h00 - Contenu original
12 août j'achète un livre québécois, Bagages, mon histoire, Jeunesse, Littérature, Meuh c'est à qui ces grosses fesses-là?, Suggestions de lecture, Une histoire de cancer qui finit bien

Crédit photos: Éric Raymond - Juju et Émiloup / Sites officiels des maisons d'édition

Ce dimanche aura lieu la cinquième édition de la journée « Le 12 août, j’achète un livre québécois », un évènement qui célèbre les livres de la Belle Province et qui incite les consommateurs à encourager les auteurs, les maisons d’édition et les librairies indépendantes d’ici. En achetant un ou plusieurs livres québécois le 12 août (ou n’importe quel autre jour de l’année!), on contribue à l’économie de la province et on témoigne de notre amour pour notre littérature. Acheter un livre, c’est bien, mais lequel choisir? Puisque les albums jeunesse sont des incontournables et qu’ils peuvent plaire à toute la famille, je vous propose trois de mes coups de coeur québécois afin de vous aider à faire un choix que vous (je l’espère) ne regretterez pas.



UNE HISTOIRE DE CANCER QUI FINIT BIEN

India Desjardins, La Pastèque

« J’avance tranquillement dans le corridor de l’hôpital. On m’annoncera aujourd’hui combien de temps il me reste à vivre. Les couleurs des murs, du plafond et du plancher se mélangent un peu devant mes yeux. Bleu pâle. Vert pâle. Rose pâle. Beige. Je ne sais pas qui a décoré cet hôpital. Est-ce une personne qui a étudié en design d’intérieur et qui a coulé son examen? »


India Desjardins a prouvé depuis longtemps à quel point elle pouvait manier les mots avec délicatesse, franchise, humour et beauté. Une histoire de cancer qui finit bien le démontre encore une fois. Bien que le sujet de la maladie soit triste, l’histoire d’India n’a rien de déprimant. Au contraire, il s’agit d’un long message d’espoir et d’amour dans lequel le personnage principal s’exprime à la fois avec légèreté, perspicacité, angoisse et émotion. Le titre l’annonce d’emblée : c’est une histoire qui finit bien. Il n’y a donc pas de suspense ou de surprise, et c’est là que se trouve la force du livre, à mon avis. Parce que de savoir la fin d’une histoire avant même d’en lire une seule phrase, et de quand même la dévorer avec le sourire aux lèvres du début à la fin, c’est signe que tout est ficelé avec intelligence.










BAGAGES, MON HISTOIRE

Rogé, Les Éditions de la Bagnole

« L’immigration est la peine, mais aussi la chance […]
Je sors de la peine
Avec une langue de plus
Pour embrasser plus large »


Bagages, mon histoire, c’est un album jeunesse qui regroupe des poèmes de jeunes immigrants récemment arrivés à Montréal et des portraits magnifiquement réalisés par Rogé, un illustrateur qui ne cesse de se démarquer à travers ses oeuvres. Ce livre est particulièrement bien réalisé, puisqu’il fait oublier tout ce qui concerne l’aspect politique et culturel se rattachant souvent au débat sur les immigrants et qu’il laisse toute la place à la pureté de ce que ressentent les enfants après s’être fait déraciner. Cet ouvrage ne fait pas appel à l’opinion du lecteur, mais plutôt à son ouverture d’esprit et sa capacité à accueillir les confidences d’autres enfants. Un livre à lire et relire pour la beauté de sa prose, de ses images et de la lumière qui émerge des pages.











MEUH C’EST À QUI CES GROSSES FESSES-LÀ?

Benoît Dutrizac, Fonfon

« Ce matin, à la ferme, les animaux dorment à pattes fermées. Seul le mouton ne trouve pas le sommeil. Il compte les fermiers. Alerté par un bruit, le veau se réveille. Il s’éloigne du groupe à la recherche de la source du vacarme et il découvre une énorme bête coincée dans la grange! »


Être muet comme une carpe, ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, être une poule mouillée, avoir la chair de poule, avoir une mémoire d’éléphant, être doux comme un agneau, avoir des fourmis dans les pattes, donner sa langue au chat… Que veulent donc dire toutes ces expressions? C’est ce que cet album vous permettra d’expliquer à vos enfants. En effet, à travers la drôle de journée que passent les animaux de la ferme, de nombreux jeux de mots et expressions sont déposés dans le texte de Benoît Dutrizac. Cet ouvrage a tout pour plaire aux jeunes qui s’initient à la lecture : il est rigolo, il est visuellement très beau, il permet d’apprendre le sens des mots et il présente des personnages attachants.