Clément Jacques au CCF 2018 | Une réunion de famille au Verre Bouteille
Clément Jacques au CCF 2018 | Une réunion de famille au Verre Bouteille

Publié par Judith Bonnard le Mer. 7 novembre 2018 à 17h45 - Contenu original
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Crédit photos: Site du Coup de coeur francophone

Pour mon premier Coup de cœur francophone (CCF), je suis partie à la découverte. Clément Jacques était annoncé au quatrième jour du festival avec, en première partie, Sam Harvey et son band. Je ne connais aucun des deux, tout comme je n’ai jamais mis les pieds au Verre Bouteille. Récit d’une soirée toute en contraste, qui s’est terminée dans la douceur enveloppante de Clément.


Le Verre Bouteille est un petit bar / salle de spectacle intime, à l’image de plusieurs lieux choisis dans le cadre du CCF. Une salle bien remplie, du monde qui jase largement. Un climat heureux dans la pénombre, alors qu’on a tiré les lourds rideaux noirs pour recouvrir l’immense vitrine qui donne sur la belle avenue du Mont-Royal. Sur les murs, des photos de sourires et de portraits avec Stefie Shock et Damien Robitaille.

Sam et ses musiciens se sont installés sur la scène tout de même spacieuse. La composition du groupe est standard : guitares, batterie, basse, clavier et voix. Sam Harvey, c’est un ex globe-trotteur qui a décidé qu’il avait assez voyagé et qu’il était temps d’essayer de stabiliser sa vie. Ou de raconter ses histoires, c’est encore mieux. Mais il a encore cet air de gamin entre deux avions, avec son bonnet de marin qui lui tombe du crâne sans arrêt.

Sa musique est intéressante, ça donne envie de bouger à chaque intro. Pour les textes, difficile d’en saisir les subtilités puisqu’il a malheureusement dû composer avec une très mauvaise balance de son et, surtout, un mauvais public, bavard et désintéressé. On est passé de textes un peu insipides façon « vieille croûte de pizza » à du bien joli comme son succès « Belle montréalaise », une ballade bien interprétée.

Le band de Sam a quitté la scène alors que les musiciens semblaient contents d’eux, les t-shirts trempés par l’effort. Ils se sont donnés.

Il était déjà 22 h 30. Je commençais à ressentir la fatigue et songeais sérieusement à reprendre la route vers mon « Sherby ». Il y avait un gars assis sur le bord de la scène, au niveau du public, en train d’accorder une guitare. Tuque, barbe, tatouage, discret… peut-être le tech?


De l’autre côté du miroir

Il a levé la tête, abrité ses yeux de sa main pour adoucir les lumières d’éclairage et observer la salle. Il était toujours assis. Il n’a pas dit un mot. Et en moins d’une minute, la salle qui était si bruyante s’est tue, tranquillement. Il a savouré le silence jusqu’à ce qu’il soit à son goût, puis Clément Jacques a commencé son spectacle, sans plus de cérémonie.

Il est resté assis sur son bout de scène pendant toute la prestation. Ma fatigue s’est envolée. Sa voix, juste et audacieuse, a laissé percer la technique de ses études en chant Jazz. Clément Jacques est d’un charisme tel qu’à lui seul, avec sa guitare et sa belle voix, il meuble la scène mieux qu’un band.

Le Verre Bouteille est devenu un salon et nous étions dans une réunion de famille : il y avait les amis, les blondes, les chums; il y avait les fans, les inconnus, et tout ce beau monde s’interpellait d’un bord du bar à l’autre pour faire une demande spéciale, se faire des déclarations d’affection ou rappeler le nom d’une muse, celle qui a inspirée « L’autre côté de l’océan ».

Ça peut vous sembler un beau brouhaha tout ça, mais non : dès que Clément Jacques sort les premières notes de sa guitare, tout le monde est attentif. L’ambiance est à une écoute totale, même quand il éclate de rire en plein milieu d’une chanson d’amour, peut-être parce qu’il se souvient avec le sourire, peut-être parce qu’il vient de se tromper dans ses paroles. Ça ne gêne pas. On rit avec lui de bon cœur et on continue à écouter.

Clément Jacques, c’est plus de dix ans de carrière musicale, plus de trois albums. C’est un artiste réactionnaire qui n’aime plus l’industrie du disque, mais veut encore jouer pour le monde. Mais au-delà des enregistrements, c’est un artiste de scène à découvrir, pour sa simplicité, sa voix qui porte l’émotion, sa candeur et ses poésies.


Pour d’autres belles découvertes, consultez le site du Coup de cœur francophone tous les jours jusqu’au 11 novembre. La programmation est sujette à changement, et vous risquez d’avoir des surprises en cours de journée. Restez branchés!