Poésie du quotidien: Il était une fois un Noël étonnant
Poésie du quotidien: Il était une fois un Noël étonnant

Publié par Charles Moquin le Ven. 14 décembre 2018 à 0h00 - Contenu original
Noël, Poésie du quotidien


La série de textes Poésie du quotidien présente des sujets prosaïques avec une teinte poétique.



Le soir de Noël, le premier ministre Legault et sa conjointe éprouvaient un certain sentiment de solitude et de tristesse suite à l’annulation, au dernier moment, de leur traiteur pour le repas de Noël, évoquant l’impossibilité de remplacer deux cuisiniers par manque de main-d’œuvre spécialisée. Les deux employés auraient été blessés dans un accident de la route, impliquant un jeune de 21 ans ayant consommé du cannabis.

Afin de chasser l’ennui, ils enfilèrent leurs tuques, mitaines et foulards et allèrent se promener. Attiré par des lueurs ressemblant à un feu de camp dans le parc du Mont-Royal, le couple décida de marcher dans cette direction. Rendu à proximité, une foule dont un groupe s’identifiant comme migrants, ayant écouté religieusement la poésie de Patrice Desbiens, était suspendu aux lèvres de Catherine Dorion, réchauffée par le « VUS » en flamme de la député de Taschereau, dont l’immolation représentait symboliquement l’avenir du transport en commun et le passéisme de l’idée d’un troisième lien. « Le système, dit-elle, nous oblige à passer notre vie à tricoter. Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Mais à la fin, rarement un tricot. Et lorsqu’il y en a un, on est trop froid pour qu’il nous garde au chaud. On peut aussi prendre le temps de tisser des liens ainsi que le faisaient nos grands-parents, et jouer entre amis comme des chats avec la pelote de laine, au lieu de la tricoter et ainsi combattre la solitude. »

Entre temps, une cycliste attirée par le véhicule en feu, coincée entre deux parapets sur Camillien-Houde, criait paniquée, mais souriait à pleines dents : « Help me, please! Help me! I am Valery Plant the Mayor of Montréal. Je passe un mauvais "moment" ». Et finalement, on libéra la mairesse qui rejoignit le groupe en s’excusant. De passage à Montréal, l’ancien président de la France, François Hollande sortit subrepticement du bois, apportant un énorme sac de guimauve avec lequel on l’aurait confondu s’il n’avait pas porté un gilet jaune.

À minuit, on aperçut au loin un drôle de père Noël accompagné de la fée des étoiles, qui craignait manquer de cadeaux après avoir constaté que son sac de joints n’était plus qu’à moitié plein. Il demanda à la fée: « Qu’allons-nous faire? », et elle lui répondit: « Just watch me ». Et la mairesse applaudit.

Finalement, dû au réchauffement climatique, le feu se propagea dans le parc du Mont- Royal et tous ces gens crurent que leur dernière heure était venue. Certains prièrent en direction de la croix du Mont-Royal et d’autres vers la Mecque, dont les femmes voilées, etouffées par la fumée, qui crurent entendre au loin un bruit de moteur d’avion. Oui, oui! C’était un escadron d’avions Bombardier d’eau. Les pilotes réguliers ayant été congédiés, les dirigeants eux-mêmes étaient aux commandes. Ils déversèrent des tonnes d’eau en quelques secondes afin d’éteindre le feu. Sauvés des flammes, tous s’étreignirent en pleurant. François Hollande mentionna que cela lui rappelait la libération par les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale, même s’il n’était pas encore né. Et puis, se tournant vers le père Noël, le groupe éclata de rire en voyant sa barbe fumer. La fée des étoiles, avec un fou rire, lui dit : « Chéri, cela ne te rappelle-t-il pas notre voyage en Inde? » Et le père Noël, beau joueur, accepta tous les égoportraits, sourire aux lèvres et joint entre les dents.

Fin.

Joyeux Noël,

Charles