Le songe d'une nuit d'été à la TOHU | Entre rêve et réalité
Le songe d'une nuit d'été à la TOHU | Entre rêve et réalité

Publié par Laure Neria le Jeu. 31 janvier 2019 à 16h15 - Contenu original
Théâtre, cirque, Danse, Flip FabriQue, Shakespeare, Songe d'une nuit d'été, Spectacle multidisciplinaire, Théâtre du Trident, TOHU

Crédit photos: Stéphane Bourgeois

Pour son 15e anniversaire, la TOHU accueille Le songe d’une nuit d’été, un classique de Shakespeare revisité par une coproduction québécoise du Théâtre du Trident et de la troupe de cirque Flip Fabrique.


L’histoire en bref...

Par une nuit d’été, Puck répond aux ordres d’Obéron le roi des fées et verse un filtre d’amour à Lysandre, l’amoureux d’Hermia. Les deux amants en fuite s’endorment l’un près de l’autre, dans la magie d’une forêt enchantée. Ils sont poursuivis par Démétrius, lui aussi fou amoureux d’Hermia, mais également par Héléna amoureuse de Démétrius. Au réveil, la situation devient rocambolesque quand Lysandre, aidé de la potion magique, tombe amoureux d’Héléna.

Entre-temps, le malicieux Puck verse le même filtre à Titiana, reine des fées, car Obéron est jaloux d’un jeune page dont sa femme s’est entichée. Il souhaite ainsi créer la discorde dans leur couple. En parallèle se déroule, au coeur de cette même forêt, la répétition d’une pièce de théâtre amateur dirigée par le tisserand Bottom, pour la célébration du mariage de Thésée, le duc d’Athènes, et Hippolyta, la reine des Amazones.

Sous l’effet du filtre d’amour, les quiproquos, poursuites et mauvais tours s’enchaînent dans un rythme léger, entraînant une réflexion sur la sincérité et la fidélité de l’amour. En seconde lecture, la construction même de la pièce et certaines tirades finales révèlent toute la puissance de Shakespeare : une réflexion sur la place de l’imaginaire et le souci de véracité dans les oeuvres de fiction.


Un savant mélange de théâtre, cirque et danse

Ce grand classique de Shakespeare est revisité dans une formule qui allie théâtre, cirque et danse. Le mélange des genres permet de suivre la narration trouble de ce conte qui oscille sans cesse entre rêve et réalité, entre le monde des fées et celui des mortels, entre la pièce qui se joue devant nos yeux et celle interprétée par les trois comédiens amateurs et patauds. S’instaure alors une ambiance débridée où règnent l’humour et le badinage.

En premier lieu, sur scène, plusieurs éléments de décor de cirque créent un rythme dynamique. Ainsi les acteurs rebondissent sur un trampoline, se hissent en haut d’un mât chinois, font virevolter des perches de lumières mobiles, et soulignent le ton humoristique de l’oeuvre tout en créant une atmosphère magique.

Ensuite, on pourrait citer le jeu des comédiens qui met l’emphase sur le second degré dans le texte de Shakespeare. Un décalage se crée entre le monde merveilleux, intemporel des fées et le trio d’acteurs contemporains au style vieillot, qui enchaîne les répliques drôles à souhait. À l’inverse, les fées adoptent parfois des attitudes plus contemporaines encore, et participent à l’impression de renversement total de l’ordre des choses.

Enfin, au fond de cette forêt incarnée par un décor féerique et sobre, tout en transparence et en légèreté, un long voile flotte sur la scène, symbole de la brume au crépuscule et du brouillard du rêve.


Entre balade enivrante et passions amoureuses déchaînées, les acteurs sont pris dans une course folle, nous embarquent dans leurs batailles et chamailleries. Parfois, le jeu paraît un peu appuyé, ponctué au chant par Josué Beaucage, personnage fantomatique qui semble chercher à nous envoûter.

Le tout donne un agréable divertissement fait de revirements burlesques – ceux-ci questionnant notre aveuglement face à l’objet du désir –, mais qui aurait pu miser sur la profondeur en interrogeant les jeux d’invraisemblances dans la pièce qui est en train de se jouer.

Pour en savoir plus sur ce spectacle et acheter vos billets (disponibles jusqu'au 10 février), cliquez ici.

Coproduction : Théâtre du Trident et Flip Fabrique
Texte : William Shakespeare
Traduction : Michelle Allen
Mise en scène : Olivier Normand
Avec : Marc Auger (Flûte), Josué Beaucage (Comédien chanteur et musique originale), Emmanuel Bédard (Légoïne et Égée), Hugues Frenette (Bottom), Jean-Michel Girouard (Démétrius), Valérie Laroche (Hippolyta et Titania), Maude Boutin-St-Pierre (Hermia), André Robillard (Lysandre), Olivier Normand, Jean-Sébastien Ouellette (Thésée et Obéron), Mary-Lee Picknell (Héléna), Marilyn Perreault (Puck), Tristan Robquin (Acrobate), Mathias Reymond (Acrobate), Arielle lauzon (Acrobate)