La comédie de Montréal fête ses trois ans !
La comédie de Montréal fête ses trois ans !

Publié par Pascal Collini-Sain le Mar. 14 mai 2019 à 15h00 - Contenu original
Théâtre, Comédie de Montréal, Couscous au Bacon, Humour, Jamin Chtouki, Le Clan des Divorcés, Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, Les Monologues du Vagin, Suggestions de sorties

Crédit photos: courtoise de la Comédie de Montréal.


Située sur le boulevard De Maisonneuve, en plein cœur du Quartier Latin, entre le Quartier des Spectacles et le Village, la Comédie de Montréal propose des pièces dans la plus pure tradition du café-théâtre à la française. Cette année, le théâtre célèbre ses trois ans d'existence. Rencontre avec Jamin Chtouki, comédien et fondateur de la Comédie de Montréal.



Une passion et un projet

« Officiellement, on fête nos trois ans le 14 mai. C'est un cap important, nous sommes très heureux de s'être rendu là et j'espère qu'on pourra un jour ajouter un zéro après le trois », s'exclame le comédien d'origine Belge. « Dans un business, c'est souvent la troisième année pour valider si ça passe ou si ça casse. Et en théâtre pour gagner en crédibilité et reconnaissance, c'est cinq ans. On a eu un bon retour de la part du public québécois dès le départ. J'ai été très surpris du public cosmopolite que ça a drainé. »

Tout commence en 2016, lorsque Jamin Chtouki décide de se lancer à l'aventure en combinant sa passion pour le Québec et le théâtre vaudeville. « Depuis mon adolescence, j'avais cette envie de découvrir et venir au Québec car la Belgique et le Québec ont des liens très fort entre eux », raconte le comédien. « Il y avait donc cette envie personnelle mais aussi professionnelle car, étant déjà venu en vacances, par déformation professionnelle, j'avais envie de voir un spectacle, une comédie, et je n'en trouvais pas. Évidemment, il y avait les grosses comédies au théâtre Saint-Denis etc. mais pas le petit café-théâtre à l'européenne comme le Point virgule ou le Café de la Gare. » Qu'à cela ne tienne, fort de son expérience de gestionnaire de théâtre en France et en Belgique et de son long parcours de comédien et metteur en scène, Jamin Chtouki prend la décision de créer son propre café-théâtre à Montréal. « Ça a existé mais ça s'est perdu dans le temps. À l'époque, il y avait Gilles Latulippe qui faisait ça au Théâtre des Variétés jusque dans les années 80 », explique le metteur en scène. « Puis, la jeune génération n'a pas désiré reprendre, trouvant ça un peu dépassé, un peu vieillot, se dirigeant plutôt vers du théâtre classique, de l'impro, d'où l’émergence des humoristes dans les années 90. Je voyais que les québécois aimaient rire et sortir mais il n'y avait pas de proposition sous la forme du café-théâtre. Alors, avec ma compagne, on a fait une étude de marché, on a pris nos petites économies et notre folie et on est venu en 2016. »



Adapter plutôt qu'importer

« En tant que Belge, je ne venais pas ici pour faire des comédies à la française », affirme le propriétaire du théâtre. « J'ai dû adapter spécialement pour le public québécois mais je n'ai pas voulu faire des spectacles « en Québécois », car je ne suis pas québécois et je pense que ça n'aurait pas été approprié. » En effet, car si les Québécois et les Belges partagent effectivement l'usage de la langue française, il est connu que certaines différences existent des deux cotés de l'Atlantique. « J'ai voulu ajouter une touche personnelle pour que le public se dise : tiens, ils ont fait l’effort de nous le rendre. Par exemple, au niveau des expressions, au lieu de dire « ça a pris », j'utilise « ça a pogné » ou au niveau des références comme remplacer Castorama (célèbre chaine de magasin de bricolage en Europe) par Rona », explique Jami Chtouki. « Puis surtout c'est important qu'il y ait des artistes québécois car c'est vraiment basé sur un échange. Je fais très attention au retour des comédiens ou même du public qui me dit s'il n'a pas saisi une référence sans enlever non plus l'essence de la pièce. J'écoute tout ça pour que ça soit le mieux assemblé possible et pour qu'il en ressorte une identité », affirme le comédien. « Il y a beaucoup de talent et on travaille ensemble de manière respectueuse. Le café-théâtre, c'est une école à part entière, qui s'apprend sur le tas et sur scène, il y a des techniques spécifiques. »



Un endroit pour tous et des succès à l'affiche

Souvent dans la culture populaire, on a tendance à associer le théâtre à un certain élitisme ou du moins à une forme d'art assez difficile d'accès. Il n'en est rien pour la Comédie de Montréal qui se veut rassembleuse et inclusive. « Je fais de l'humour populaire dans le sens large du terme, pour que ça s'adresse à tout le monde. Il n'y a pas de différences de classe sociale. Dès l'accueil, il y a des couleurs, ce n'est pas guindé, tu viens après le travail, en jeans et en baskets. » De plus, les spectacles proposés sont ouverts aux enfants à partir de huit ans : « On fait des spectacles qui sont abordables, également en terme de prix, pour des familles. Ça évite de trouver une gardienne pour les enfants, de s'organiser etc. Les enfants ne vont peut-être pas tout comprendre au même moment que les adultes, mais ça reste accessible parce que c'est clownesque, ça bouge, ils vont quand même rigoler. Ce sont des comédies simples, légères, pas prise de tête et qui marchent. »


























En effet, depuis sa naissance en 2016, la comédie de Montréal a programmé des pièces qui ont fait maintes fois leurs preuves en Europe et dans le reste de la Francophonie. Parmi les plus gros succès, on peut trouver des pièces célèbres telles que Les hommes viennent de mars et les femmes de Vénus (à l'affiche depuis plus deux ans et programmé jusqu'à fin juin) ou encore Le Clan des Divorcés et Couscous au Bacon sur les couples mixtes. « Depuis Broue, il n'y a pas eu de spectacle au Québec qui a tenu aussi longtemps à l'affiche », raconte le comédien. « On a envie de s’insérer dans la vie culturelle québécoise en amenant quelque chose et on veut en faire partie comme tous les autres. Il faut qu'on s'entraide car je suis un enfant du festival d'Avignon et c'est ça l'esprit du théâtre. »


Souhaitons donc bonne continuation et bonne fête à la Comédie de Montréal ! Pour visiter son site-web et trouver une pièce pour vous divertir c'est par ici, et pour profiter de nos offres sur atuvu.ca, par !