Les belles illusions de la « Jeune Juliette »
Les belles illusions de la « Jeune Juliette »

Publié par Nina-Rose Cassivi le Ven. 9 août 2019 à 14h00 - Contenu original
Cinéma, Alexane Jamieson, Anne Émond, Cinéma québécois

Crédit photos: Lou Scamble


Jeune Juliette, qui met en vedette les rêveries et les désillusions d’une jeune adolescente de 14 ans, prendra l’affiche au grand écran dès le vendredi 9 août. Réalisé par Anne Émond, le film nous (re)plonge dans l’aventure tumultueuse que représente le passage de l’enfance vers l’âge adulte.

On connaît Anne Émond pour ses longs-métrages sombres comme Nuit #1, Les êtres chers et Nelly, toutefois elle revient tel un vent de fraîcheur. Cette légèreté se ressent dès les premières minutes de la projection où des élèves du secondaire sont fébriles quant à l’arrivée des vacances d’été. Parmi ces étudiants, on y retrouve Juliette, une jeune adolescente qui sort du lot dans un univers où tous les mauvais coups sont permis. Elle fait de l’embonpoint, elle est mature pour son âge, c’est la première de sa classe, elle a peu d’amis et elle a des intérêts complètement différents de ces camarades. Bref, Juliette a tout pour se faire pointer du doigt, mais sa répartie et sa personnalité pétillante seront telles des armes pour affronter cette période qui n’est pas toujours rose.

Le film aborde des sujets qui touchent directement le parcours de l’adolescence comme la quête identitaire, l’intimidation et le besoin de se sentir accepté. Néanmoins, Jeune Juliette ne s’adresse pas nécessairement qu’à ce public, car les adultes seront certainement nostalgiques de cette époque et ne seront que davantage empathiques envers les personnages. De plus, le visuel du long-métrage fait plusieurs clins d’oeil à différentes époques, notamment par les références vestimentaires et technologiques qui rendront plusieurs personnes mélancoliques de leur jeunesse.

Que ce soit au travers du père de Juliette (incarné par Robin Aubert) qui fait de son mieux pour comprendre et épauler ses enfants avec tout son humour et sa sensibilité, ou encore Léane, sa meilleure amie qui est en pleine période de questionnements, les personnages sont si singuliers que n’importe qui pourrait s’y reconnaître à travers l’un d’eux à un moment ou à un autre. Mais dans cette magnifique palette de personnages colorés, Juliette sera certainement un modèle pour les jeunes qui ont peur de s’assumer et de prendre leur place là où les gens peuvent se montrer particulièrement injustes.






Juliette, la fabulatrice aimée

Il s’agit du premier grand rôle au cinéma pour Alexane Jamieson qui interprète Juliette. La jeune actrice de 16 ans se met dans la peau d’une fille en pleine transition de l’enfance vers l’âge adulte. Malgré son caractère fort et sa personnalité bouillonnante, elle sera confrontée à ses illusions qui volent en éclat petit à petit. Que ce soit pour ses blessures liées à l’absence de sa mère ou sa relation imaginaire entre l’ami de son frère et elle, Juliette devra affronter la réalité malgré elle. Heureusement, on la voit grandir dans ses égarements grâce à la main que lui tend ses proches.

Jeune Juliette c’est une ode à la famille, à la l’amitié et l’acceptation de soi dans toutes ses couleurs. Puis s’il plaira et fera rire les adultes, il sera tout autant porteur de réflexions pour ceux qui traversent la même période que Juliette. Au travers des aventures du personnage principal, le spectateur pose un regard extérieur sur les grands tourments que peuvent ressentir un adolescent, mais qui s’adoucissent toujours au fil temps.