Place à l’absurde au Théâtre du Rideau vert
Place à l’absurde au Théâtre du Rideau vert

Publié par Mariklôde Tardi le Lun. 6 février 2017 à 17h00 - Contenu original
Théâtre, Normand Chouinard, Théâtre du Rideau Vert


Entre le 31 janvier et le 4 mars, le Théâtre du Rideau vert laisse place à l'absurde. Sous la direction de Normand Chouinard, une magnifique distribution, dont les membres se sont réincarnés en donnant vie aux textes d'Eugene Ionesco, nous présentent La Cantatrice chauve suivie de La leçon.

Le 2 février dernier, lors de la première médiatique de cette série de spectacles, quelques membres de la communauté artistique de Montréal se faisaient déjà attendre par les photographes dans le hall d'entrée, l'œil appuyé sur leur objectif. La soirée s'annonçait à la fête. Je réussis à me faufiler à la table des médias, où Denise Filiatrault, directrice artistique du théâtre, se tenait fièrement. Prise dans mes accoutrements de laine, je sortis vivement ma main afin de récupérer mes billets ainsi que le programme qui m'attendaient. Au centre de la rangée B située au balcon, la vue était parfaite. Il ne me restait alors qu’à attendre patiemment l'ouverture du rideau de velours vert posé tranquillement sur les planches.





La Cantatrice chauve

Dans un premier temps, La Cantatrice chauve. Dorothée Berryman, Carl Béchard, Sylvie Drapeau, Luc Bourgeois, Rémi Girard et Danièle Lorain incarnent pour cette série de spectacles les personnages de cette pièce de théâtre ludique aux accents décousus. Un texte où Ionesco s'est amusé à explorer le langage et à le déconstruire. On nous lance des répliques parfois sans logique. Des âneries, sans queue ni tête, qui frisent les limites de l'entendement, se chevauchent, se frappent et écartèlent l'esprit du spectateur. Des mots portés par des comédiens de grand talent qui réussissent grâce à leurs expressions et à leur gestuelle à faire éclater de rire un public bien amusé. À la technique, on incorpore aux carillons du pendule ainsi qu'à la sonnette des Smith une voix humaine teintée d'un son électro-robotique dont les effets, ajoutés aux onomatopées "DONG" et "DING DONG", surprennent drôlement.



La leçon

Au Théâtre de la Huchette à Paris, La Cantatrice chauve suivie de La leçon, pièces phares de Ionesco, sont jouées sans interruption depuis le 16 février 1957. Il y a 20 ans, dans la production Le Rideau vert, c'était Violette Chauveau qui incarnait le rôle de l'élève. Aujourd'hui, c'est Rosine Chouinard-Chauveau, fille de Violette et de Normand Chouinard, qui se place dans la peau du personnage. Avec Rémi Girard dans le rôle du professeur, l'interprète est assistée par l’un des as de la réplique au Québec. Ensemble, ils jouent l’ascension fatale qui transforme le ridicule en drame. Une autre belle pièce de Ionesco dont l’essence tragico-comique ravive un vaste éventail d’émotions chez le public.



Un texte classique

Ionesco, écrivain et auteur dramatique français d'origine roumaine, connu aussi sous le nom du Père de l'absurde, s'est penché durant une bonne partie de sa vie sur les questions entourant la conception du langage. En ce sens, je crois qu’il serait intéressant, aujourd’hui, à l’ère des communications, de se pencher sérieusement sur cette question. Et, enfin, d'en rire un peu…