« C’est le cœur qui meurt en dernier » : des secrets de famille
« C’est le cœur qui meurt en dernier » : des secrets de famille

Publié par Francis Dupont le Mer. 12 avril 2017 à 7h00 - Contenu original
Cinéma, Cinéma québécois, Les Films Séville, Suggestions de sortie

Crédit photos: Les Films Séville

Les Plouffe, Léolo, Gaz Bar Blues, C.R.A.Z.Y. Voilà quelques-uns des films québécois qui abordent le thème de la famille. Ce thème est reconnu pour être le sujet de prédilection de notre cinéma. On ne compte plus les films de notre répertoire national qui traitent de la famille. Alexis Durand-Brault vient ajouter une nouvelle œuvre à ce courant avec C’est le cœur qui meurt en dernier. Par ailleurs, Denise Filiatrault, qui interprétait Cécile Plouffe dans le film de Gilles Carle, est la tête d’affiche de ce long-métrage, une première après une absence de 25 ans au grand écran.


Julien (Gabriel Sabourin) est un quarantenaire ébéniste. Son premier roman, C’est le cœur qui meurt en dernier, est sur le point d’être publié lorsque sa mère (Denise Filiatrault et Sophie Lorain) le recontacte. Il y a des années que les deux ne se sont pas parlés selon la volonté de la mère. Pourtant, lorsque Julien était enfant, les deux avaient une très bonne relation. La mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, vit dans une résidence pour aînés avec sa sœur Pierrette (Monique Mercure). Alors que le roman de Julien connait un succès important, sa mère sollicite son aide afin de mettre fin à ses jours et ainsi échapper aux conséquences de sa maladie. Cette demande bouleverse Julien qui, par ailleurs, n’a jamais révélé à sa mère l’existence de son roman puisqu’il raconte leur histoire familiale. Au-delà de leurs souvenirs, Julien y dévoile aussi un douloureux secret dont il a toujours soupçonné que sa mère en connaissait l’existence.


Avant de s’imager au grand écran, le récit de C’est le cœur qui meurt en dernier a pris forme sous la plume de l’écrivain et comédien Robert Lalonde. C’est Gabriel Sabourin qui a adapté le roman pour le cinéma, en plus d’y tenir le rôle principal. Si l’histoire du long-métrage en est une de famille, la production du film est aussi une histoire de famille. Denise Filiatrault et, sa fille, Sophie Lorain incarnent le même personnage à différents âges. Elles sont dirigées par Alexis Durand-Brault qui est aussi le conjoint de Sophie Lorain. De son côté, Gabriel Sabourin joue aux côtés de sa conjointe Geneviève Rioux qui interprète la sœur de son personnage.


Alexis Durand-Brault, le cinéaste derrière Ma fille, mon ange et La petite reine, signe un film empreint d’une douce nostalgie en juxtaposant deux époques. D’abord, avec son équipe de production, il a fidèlement recréé le Québec des années 70 avec des costumes et des décors fidèles au goût de l’époque. Il souligne aussi la mélancolie de l’enfance en montrant la mère, interprétée par Sophie Lorain, à travers les yeux du jeune Julien. La figure maternelle est ainsi idéalisée par le regard de l’enfant.


Dans la peau du personnage de la mère, Denise Filiatrault et Sophie Lorain sont touchantes. Leur interprétation ne se veut pas une copie conforme de l’autre, mais plutôt une évocation de la même femme. Denise Filiatrault aurait difficilement pu trouver un personnage plus fascinant que celui-ci pour marquer son retour au grand écran.


C’est le cœur qui meurt en dernier est un film qui navigue dans les eaux troubles des secrets familiaux. Pour cette traversée dramatique, Alexis Durand-Brault s’est entouré de sa famille pour raconter un récit familial et signer son long-métrage le plus touchant.





C’est le cœur qui meurt en dernier est à l'affiche le 14 avril au Québec.